05 novembre 2010

Corde raide

Je sais quand je suis sur la corde raide.

Quand je ne dors plus, quand je lutte pour assurer le quotidien de travail, que je sens mes jambes flancher, mon cœur battre trop vite, quand les mots s’emmêlent, voire ne viennent plus se poser en bon ordre sur le bord de mes lèvres.

Lorsque je me remets à manger frénétiquement. Lorsque le simple fait de penser à déjeuner ou à préparer un repas me devient hautement insupportable. S’asseoir, prendre du temps pour manger devient pénible et bien plus pénible encore lorsque d’autres personnes sont autour de la table.

Quand j’ai envie d’atomiser la terre entière. Pas quelques personnes, non. Un certain nombre et pas gentiment.

Mon cœur et mon esprit sont fatigués, je déploie des efforts titanesques pour rester « dans » le monde. Etre affable un minimum, me tenir correctement (parce qu’il me reste encore quelques principes).

A quoi tout cela est dû ?

J’ai des pistes.

Un chagrin d’amitié non digéré, des injustices professionnelles non intégrées, un lien filial définitivement rompu avec mon père.

Je dresse le constat suivant, celui d’avoir surinvesti sans doute des relations, d’avoir la sensation d’avoir trop aimé et au bout du compte d’avoir peut être moins reçu en retour.

Au travail, je rejoue une scène… Il y a 10 ans déjà je m’étais insurgée contre ce que je considérais comme des injustices professionnelles. J’avais nommé une collègue tire au flanc qui me laissait la responsabilité d’enfants pendant qu’elle papotait et s’occupait à je ne sais quoi. A cette époque, on m’avait accusé de mettre à sac une équipe, je rompais un équilibre, car je réclamais de l’équité. Aujourd’hui, je me retrouve dans une situation très similaire, voir arriver une collègue aux heures qu’elle veut, avoir un planning des plus « aléatoire », tandis que d’autres sont tenus d’être là à l’heure (normal, c’est le règlement) et sont un tantinet débordés…

Enfin et pour finir, cet été, j’ai laissé à mon père, au moment de mon départ en vacances une longue lettre. J’ai posé, enfin, la somme des questionnements, des attentes, des regrets qui sont les miens. Au regard de notre vie de famille, de notre relation que je souhaitais voir s’arranger. Je lui ai demandé de m’écrire en retour, ou bien de prendre le temps de réfléchir pour me parler. Mais depuis ce mois d’aout il n’y a pas eu la moindre allusion à la lettre… Il échange pour savoir comment va mon travail ou mon ami, c'est tout.

Je me réjouis de la somme de beaux évènements qui me sont arrivés ces derniers mois, sans pour autant arriver à surmonter ces petites choses du quotidien qui ont un retentissement inattendus en moi et engendrent des sentiments mêlés de douleur et d’incertitude.

Posté par Cloudy à 09:41 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur Corde raide

    Même s'il ne neige pas encore (tout du moins en Ile de France!) souviens-toi: un bon bain, des bougies et je crois une paire de chaussettes sur le radiateur...
    non!!! pas tapé... pas tapé!!!!

    Posté par Rouge, 05 novembre 2010 à 19:33 | | Répondre
  • Tu dis ne pas arriver à surmonter ces évènements récents, pourtant en relisant tes derniers post, j'ai l'impression que même si tu es mal, les choses bougent, tu t'affirmes plus, tu fais du chemin et je crois que ce mauvais moment que tu passes est en fait un cap à passer pour accepter ces dits évènements, pour les digérer et surtout pour les comprendre. Te fais-tu aider par un spécialiste pour avancer, pour faire le point ??
    Bon week end à toi chère Cloudy, bisous doux et sincères.

    Posté par anouchka, 06 novembre 2010 à 08:38 | | Répondre
  • Comme tu y vas Cloudy...

    On aime jamais trop, on aime, point (.)

    Si tu veux mon modeste avis, vu de l'extérieur, la seule chose qu'il semble parfois te manquer, c'est le recul.

    Prendre de la distance par rapport aux choses ne veut pas dire baisser les bras ou faire une croix dessus, c'est juste prendre conscience à un moment qu'à rester constamment exposé et proche du soleil, on finit par se consumer.

    Et cela n'empêche pas d'en jouir chaque jour que Dieu fait (Bon, je sais que tu es assez peu réceptive aux formules cultuelles mais une fois n'est pas coutume, tu auras l'obligeance de faire une exception )

    Le détachement Cloudy. Laisse toi tentée par cette formidable bouffée d'oxygène.

    Posté par FiveOFive, 06 novembre 2010 à 09:55 | | Répondre
  • @ Rouge
    C'est parfois a recette miracle en effet... et mon programme pour demain
    Très bon dimanche à toi
    @ Anouchak
    Un cap sans doute transitoire, oui, tu as raison )
    @ 5 O 5
    Le recul oui, j'en suis actuellement dépourvue. Je vais tenter d'employer à suivre cette voie salvatrice plus souvent.
    Merci pour tes mots ici...

    Posté par Cloudy, 06 novembre 2010 à 23:45 | | Répondre
  • Lettre au Père

    Écrire à ses parents pour demander des réponses est un exercice courageux, bien plus qu'il n'y paraît, en particulier quand on est issu d'une famille où on ne parle pas beaucoup, voire pas du tout. Écrire à son père est peut-être plus compliqué encore car il est du sexe opposé et ce n'est pas anodin d'interroger son père qui est aussi un homme. Avant tout, un homme ? Bref, l'écrire vous a sans doute coûté des mois de réflexion préalable jusqu'à joindre l'action au besoin. Pouvez-vous imaginer un seul instant comment il a pu recevoir, sans préavis, une telle missive ? Essayez et imaginez la patate chaude qui subitement lui brûle les mains... Donnez-lui du temps. Vous avez semé et en ce moment, en dépit des frimas qui s'installent, je ne doute pas que la graine germe, difficilement, mais elle germe c'est évident. J'ai fait l'exercice moi-même il y a quelques années. La réponse tardait à venir, j'étais sur le grill, comme si de sa réponse ma vie dépendait. Je l'ai relancé. Il m'a dit qu'il réfléchissait mais qu'il me répondrait. La lettre est venue bien plus tard, Cloudy, mais elle est venue contenant un trésor qui a certainement illuminé ma vie et mon enfance, a posteriori. Demandez Cloudy, n'hésitez pas, vous avez vous aussi droit à une réponse.

    Posté par Gicerilla, 12 novembre 2010 à 10:47 | | Répondre
  • @ Gicerilla
    Merci pour votre message ici qui me touche beaucoup. Oui je vais tenter de laisser du temps, car j'ai bien conscience que je recevoir ma lettre ne devait pas être très simple...

    Posté par Cloudy, 13 novembre 2010 à 09:49 | | Répondre
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