Cloudy au pays des Nuages

Du moi avec des nuages dedans : "C'est bien quand on est autre, qu'on est le plus soi même"...

26 novembre 2009

Pour résumer la journée...

En essayant continuellement on finit par réussir.

Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche.

Jacques Rouxel, (Extrait de la BD Les Shadoks)

Posté par Cloudy à 22:37 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 novembre 2009

Ombres portées

La première chose que j’ai eu envie de faire ce soir, c’est décrocher mon téléphone et t’appeler.

A 18h précises.

Après avoir pris le temps de me poser et de procéder à un vide intérieur.

Dire que ce n’est que lundi…

En contemplant mon planning et celui des prochaines semaines à venir, j’ai l’impression étrange de m’engager dans un marathon. Ou plutôt de le poursuivre. Cela fait je crois, plus de 3 mois que cela dure.

Emprunter la même la route, avancer et surtout ne penser à rien, ne pas se retourner. Invariablement, regarder devant. A la différence près que ce ne sont pas les kilomètres que j’enfile. Mais les RDV.

Je n’en ai jamais eu autant. Ecouter, corriger des lettres, faire des CV, répondre à des offres, positionner sur des offres, relancer des entreprises, participer à des réunions, travailler sur des projets, préparer le bilan annuel…

Je suis en mode automatique.

J’aurais partagé avec toi mes préoccupations professionnelles.

Cette lancinante colère qui ne me quitte pas depuis plusieurs semaines, qui me rend malade même je crois. Contre un système qui ne cesse de précariser, qui nous instrumentalise, nous personnels de terrain et contre lequel nous ne pouvons rien. Sinon « faire remonter ».

Mais faire remonter quoi puisque personne ne veut rien entendre ?! Quand bien même ils entendraient, que pourraient il bien faire ? Tous ces ILS ombrageux. Puisque des réformes iniques sont engagées et que tout retour en arrière est impossible.

La colère aussi contre ma direction. Qui prend des décisions sans concertation, qui traite chacun différemment, qui ne répond pas aux questionnements, qui demande de patienter d’un côté et bouscule tout de l’autre…

Je ris lorsque l’on me demande de patienter. Voilà 4 ans que je ne change pas une ligne dans mes bilans de fin d’année : pas assez de formations linguistiques, pas de formations en lien avec les besoins des entreprises, pas assez de soutien dans les entreprises, de plus en plus de salariés en souffrance, de moins en moins d’actions pour accompagner efficacement les demandeurs…

Je ne supporte plus cette lâche conspiration du silence.

Cette année et pour la première fois, j’ai l’impression forte d’avoir porté à bout de bras, sans discontinuer, des hommes et des femmes en souffrance. Des personnes qui ont perdu confiance, des personnes mal considérées, par la société, dans leurs propres familles. Des oubliés.

Car il est facile au fond de faire des Cv et des lettres à la chaîne, appeler des entreprises dont on sait à l’avance qu’elles diront non. Non à un stage, non à un emploi. Le plus difficile cependant, c’est de recueillir leur parole. Celle du désarroi, de la colère, de la résignation.

Oui, je peux dire que je les porte.

J’appelle. Après un entretien pour savoir comment ça s’est déroulé, pour réveiller avant un rendez vous important, pour expédier chez le médecin, pour savoir comment s’est passée l’opération chirurgicale, pour savoir si les contacts prévus ont bien été noués, si les lettres écrites ensemble ont bien été envoyées. Je suis appelée, de plus en plus souvent en dehors des rendez vous et je me dois de rassurer.

Evidemment. Parfois, il n’y a que cela que je peux faire d’ailleurs.

Comme d’habitude, tu m’aurais laissé cracher mon venin. Tu aurais écouté sans m’interrompre. Car tu sais…

Et puis tu aurais demandé « Et toi ? » .

Moi. Nous…

Ca, j’attends ton retour pour te le raconter.

Posté par Cloudy à 18:23 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 novembre 2009

Flying over the Cloudy World

Y a des week ends où les journées semblent baignées de soleil (même lorsqu’il s'efface à 17h) et légères comme des plumes. Et d’autres où tout semble de plomb. Surtout à partir de 17 h.

Y a des week ends où la table du petit déjeuner, celle des repas suivants semble être un festival, des régalades pour les yeux et des délicatesses pour le palais. Et d’autres où l’apparente frugalité donne envie de fuir.

Y a des week ends où le cadre familier est rassurant, se fait doux cocon accueillant. Et d’autres où les murs, comme dans une prison, semblent se rétrécir pour mieux nous étouffer.

Y a des week ends qui regorgent d’envies : bouger, sortir, voir du monde. Et d’autres où le seul refuge vivable est le divan assorti d’une grosse couette.

Y a des week ends où les présences amies sont un pur moment de bonheur et de partage. Et d’autres où le simple son d’une voix devient une agression.

Bref,

Des week ends de printemps et des week ends d’hiver

Des week ends de pur bonheur et des week ends de merde

Des week ends d’amour et des week ends hostiles

Des week ends de rire et des week ends lacrymaux

Des week ends de musique et des week ends de complainte

Des week ends de douceur et des week ends rugueux.

Allez hop, next week (end), viiiiite !

Posté par Cloudy à 08:27 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 novembre 2009

Ch'ui chamallow

Dans ma life

Deux jours que je trébuche sur 5 textes commencés, impossible à terminer. Détestable sentiment que celui d’avoir les mots au bout des doigts mais qui ne se transforment pas.

Je respire d’une narine pace que j’ai une sinusite.

Je dors pas pace que je respire que d’une narine (et pace que j’ai une sinusite).

Je suis crevée à cause de tout ça.

En plus mon nez, on dirait un gyrophare.

Je parle même pas de mes migraines.

Mon week end culturel tombe à l’eau pour toutes les raisons citées plus haut.

Je dois retourner travailler, alors que j’étais TROP BIEN à la maison en arrêt maladie (même pas j’ai culpabilisé, si si c’est vrai).

Ma DG m’a fait appelée pour savoir si j’ai la H1N1. Elle croit vraiment que si je l’avais, je garderais une telle info pour moi, alors que je pourrais offrir gratos une semaine de vacances à tous mes collègues ?!

Je suis montée sur la balance et j’ai failli tomber à la renverse. Encore. J’aurais pas dû (monter sur la balance).

(Ouaip, cher(e) lecteur/trice, tu es soumis à ma minute de plainte, voilà c’est fait).

A part ça, ça va, merci.

A cause de l’actu

On élit un nouveau Président de L’Europe, supplée par une représentante aux affaires étrangères. Qui en a entendu parlé, quand et par quels moyens avons nous été informés ? Connaissez vous la moindre ligne de programme, ou des lignes directrices qui seront suivies ? Bien sûr que non, puisqu’il s’agit d’une petite sauce décidée à l’interne, sans aucune concertation.

Je suis juste écoeurée par ces procédés anti-démocratiques. Elle est belle l’Europe !!! Qui représente-t-elle aujourd’hui, au nom de quoi, de qui ? Pas de voix pour s’insurger, évidemment, personne pour dénoncer nos droits bafoués.

Il a mis la main le Titi ?! Mais qu’EST CE QUE JE M’EN TAPE !!!! De ce décérébré de première, de son équipe qui se fait en un seul match et par joueur environ 40 fois mon salaire. Je préfère ne pas parler du pseudo entraîneur pathétique, insipide et d’une arrogance crasse à foutre des baffes. On ouvre tous les journaux avec une info qui ne mérite même pas d’en être une, en parler de la sorte est juste vomitif.

Ils me font honte avec leur putain de sport à fric. Comme me font honte les pseudos supporters qui pour exprimer leur joie cassent et brûlent les biens publics et personnels de citoyens moyens qui n’ont rien demandé… Je n’ai pas d’autre mot à la bouche que celui de la colère. Celle de voir des smicards, pour un peu de rêves, cautionner des pratiques qui ne servent d’exemple à personne, qui n’élève en rien vers des valeurs de tolérance et d’ouverture, encore une fois…

Au Soudan, des femmes se battent pour être libres. Pour porter des pantalons, comme c’est le cas de manière si anodine ici... Mais plus encore pour avoir droit de cité dans leurs communautés. Pour être.

En tant qu’individu et en tant que femme. Elles risquent leur vie pour cela. C’est le cas en Afghanistan, en Iran, en Arabie Saoudite, en Algérie, en Tunisie, au Yémen… la liste est si longue.

Et toi Mélanie, porte drapeau d’une certaine jeunesse, en France, tu décides de porter le voile. Je ne porterais pas de jugement, car je ne comprendrais jamais ce besoin. Au nom de la religion, au nom d’un Dieu de tolérance. Mais en tant que femme, citoyenne, libre et surtout laïque, je suis heurtée, choquée, un peu meurtrie dans ma chair….

Posté par Cloudy à 07:56 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2009

La tour de garde

J’ai dessiné les contours de ce rêve

J’y ai mis du bleu

Le bleu des portes de Sidi Bou Saïd

Le bleu couleur de mer, synonyme de l’infini

Le bleu de ce sud, qui ne se compare à nul autre

Le bleu des murs de ma chambre d’enfant.

Un bleu de festival, un bleu de farandole

Et puis, posée là impériale, sur ce fond azur

La tour de garde,

avec ses 12 fenêtres démesurées, ouvertes aux 4 vents

12

Un douze menaçant, écrit en lettres de feu

Que me rappelle ce nombre

Les routes à prendre ?

Les chemins à emprunter ?

Ou encore les voyageurs qu’il me faudra croiser ?

12

Comme autant de signes

Mais avant quoi ?

Avant quelle autre couleur ?

Avant quelle autre lumière ?

Avant quelle autre réalité ?

[Atelier d'écriture, octobre 2009]

Posté par Cloudy à 14:24 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2009

Vite

Vite quitter le travail,

Vite rentrer chez soi,

Vite vérifier le contenu de la valise,

S’assurer que tout est là. L’essentiel comme le superflu.

Vite vérifier le contenu du sac à main, faire un bref relevé des troupes : rouge à lèvres, poudre, porte monnaie, bonbons sans sucre, carnet d’écriture, papiers perso,

Tout est ok,

Vite, reprendre la voiture,

Considérer les billets en bonne place, maintes fois vérifiés,

Vite trouver une place, vite se garer,

Vite arriver, chercher des yeux le train, le quai de départ,

Ne rien voir arriver mais sans trop s’inquiéter, après tout il reste un peu de temps,

Puis, se rendre compte que le train est parti,

Si,

Là sous nos yeux,

Sans que l’on y prête plus attention, normal c’est pas l’heure…

Vite plonger la main dans le sac, vite regarder ce que l’on lu et relu à plusieurs reprises,

Et se rendre compte (désespérément) que l’horaire de départ est en fait l’horaire de départ du retour du voyage, 3 jours plus tard,

Un bref instant, écouter ce qui est en train de s’écrouler à l’intérieur,

Se maudire (très fort),

Vite trouver un guichet libre,

Vite exposer la situation à la charmante guichetière, pour vite trouver une solution,

Le suivant, moins d’une heure plus tard,

« Pas de souci »,

Avoir envie furtivement de la prendre dans les bras, l’embrasser pour avoir si simplement sauvé la soirée mais plus encore tout le week end...

Posté par Cloudy à 20:06 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Message

L'habitude commence comme un fil de soie et devient vite un câble d'acier. 

Proverbe espagnol

Posté par Cloudy à 18:26 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2009

A house in the middle of...

Ils sont partis quelques jours, en Suisse. Prendre l’air. Avoir de la famille éparpillée un peu partout, permet ce genre de villégiature. Ils s’autorisent de moins en moins à sortir, à partir loin, par manque de moyens et parce qu’avec le temps, ils sont devenus très casaniers.

Et puis ils ont du mal à la laisser.

Avant le départ, les dernières recommandations pour moi et l’ordre intimé d’aller la voir et d’appeler au moindre problème. Depuis qu’ils sont à la retraite, elle est devenue leur centre d’intérêt principal.

La maison.

Je n’aime pas ce lieu. Pourtant il est le bien le plus précieux de mon père. Une maison construite à la sueur de son front, une maison héritée du côté paternel, que ses grands parents avaient commencé à construire et qu’à son tour, il a transformé et terminé. C’est un lieu synonyme de racines pour lui, de souvenirs, notre héritage familial.

Plusieurs fois, j’ai insisté pour qu’ils la vendent. Pour aller construire ailleurs quelque chose qui n’appartiennent qu’à eux, loin des fantômes familiaux. Mais c’est impossible pour mon père. Il se ferme dès que je tente d’aborder le sujet. Cette maison est la preuve tangible de ce qu’il a réussit à construire.

C’est un bloc disgracieux, flanqué d’un petit jardinet en contre bas et d’un ancestral four à pain, qui ne sert plus depuis des décennies. Il est posé au bord de la route principale. Il trône, avec hauteur et arrogance, sur une terrasse au cœur de laquelle ont été posés deux tilleuls. Aujourd’hui immenses, qui savamment protègent du soleil.

Depuis toujours et plus encore aujourd’hui, elle cristallise toutes leurs attentions. Le jardin bien sûr dont il faut s’occuper, les extérieurs qu’il faut embellir l’été et panser à l’automne. En hiver, lorsque arrive la neige, il est absolument nécessaire de saler, déneiger pour que les revêtements ne soient pas abîmés. Bien sûr, je n’évoque par les volets, le portail, les tuiles… tous ces matériels divers et variés qui requièrent un soin de tous les instants.

Souvent, je me surprends à la contempler. Je la déteste pour tout ce qu’elle a représenté pour moi enfant et plus encore aujourd’hui. Elle est la parfaite image de ce qu’est notre famille, une entité qui aurait pu être belle et agréable à vivre. Au lieu de cela, j’y vois un bloc austère, sur la défensive, qui ne souffre aucune contradiction.

Elle a été une prison. Elle est devenue un fardeau que je porte à mon tour. Je me demande toujours ce que j’en ferai plus tard. Est ce que moi aussi, je m’imposerais ce devoir de mémoire ou alors aurais-je suffisamment de forces pour m’en séparer, me défaire du matériel pour construire du sentiment, du tangible, du vrai ?

En un mot une famille dont le poumon ne serait pas la pierre mais le cœur ?

Posté par Cloudy à 18:24 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2009

Dimanche

Traîner un peu au lit et savourer, pour une fois, le silence extérieur.

Cueillir le pain tout chaud à la sortie du four. Etaler le beurre et tranquillement le regarder fondre, avant d’appliquer la confiture maison. S’en délecter.

Se poser, une tasse de café brûlant à la main et contempler le sommet des montagnes par la fenêtre, recouverts d’une couche de neige.

En fond sonore, des voix familières qui égrènent les nouvelles du jour.

Prendre le temps.

Mettre loin l’effervescence de la semaine passée. Les feux qu’il a fallu éteindre auprès d’employeurs incapables de communiquer avec leur salarié. Prendre du recul, aussi, après quelques crispations entre collègues.

Régler l’administratif.

Trier, classer, légender les photos de vacances. Avant de ranger définitivement les albums, jeter un dernier coup d’œil, attendrie.

Aller jusqu’à la "table d’écriture". Prendre connaissance des mails, répondre, en écrire d’autres.

A l’heure de l’apéritif, se faire des toasts, sortir un petit alcool, comme un jour de fête.

Pester contre les bruits venus du dehors, des coups de feu qui retentissent au loin. Insulter intérieurement ces hommes qui se prêtent à des pratiques d’un autre âge. F***ing chasseurs…

Vers 13 h , soigner le repas et le dessert. Savourer cet instant à soi.

A 16 h, après avoir écouté d’une oreille distraite des séries débiles, magazines à la main, se servir un thé fumant, allumer bougies et encens, fermer quelques instants les yeux (non, pas tout ça à la fois !).

Puis à la nuit tombée, fermer les volets et se retrancher pour préparer la soirée.

Se laisser couler un bain chaud, s’y plonger avec ravissement et déjà, par petites touches penser au lendemain.

Pour y échapper, se plonger dans la lecture encore.

Avant d’éteindre la lumière, espérer que la semaine passera vite pour déjà être au prochain week end, avant de se laisser happer par Morphée…

Posté par Cloudy à 18:15 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 novembre 2009

Le goûter de la confidence

Je suis allée la voir, comme je le fais chaque semaine.

Elle a sorti mon jus de fruit préféré. A l’orange.

S’est servie un café.

Nous avons causé de choses et d’autres.

De ce qui lui tient à cœur, de ce qui la tracasse.

Les enfants.

Le grand qui ne sait pas encore s'il va faire une fête pour ses 18 ans. "Ce serait bien quand même, 18 ans...". Le petit qui ne se résout pas à faire couper ses longs cheveux.

Et puis sa santé. L'impossibilité d'avoir un rendez vous avec cet éminent spécialiste.

« Et toi ? » m’a-t-elle demandé, comme elle le fait à chaque fois, après qu'elle m'ait exposé tout ce qui l'habite.

J’ai pris ma respiration, comme impressionnée par la déclaration que je m’apprêtais à faire.

« Je suis amoureuse ».

Elle m’a regardée, avec son œil pétillant.

Elle a marqué un temps d’arrêt et puis avec sa délicatesse habituelle : « Tu as envie de m’en parler ? ».

J’aime ce respect qu’elle a de mes silences. De mes envies de protéger mon intime, l’important pour moi.

Alors, je lui ai raconté. Un peu.

Elle a posé sa main sur la mienne, m’a souri. Comme un assentiment.

« Je suis très heureuse pour toi ».

Moi aussi…

Posté par Cloudy à 09:32 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2   Page suivante »