Cloudy au pays des Nuages

Du moi avec des nuages dedans : "C'est bien quand on est autre, qu'on est le plus soi même"...

31 juillet 2009

Vivance

La plaquette trône en bonne place sur mon bureau depuis plusieurs jours.

Elle me nargue, la pernicieuse.

Le fond est vert et bleu.

Au premier plan, deux personnes se tiennent par la main.

Le titre « Qui j’ose aimer ?», au milieu, en grands caractères.

Un drôle de titre qui a immédiatement attiré mon œil.

Il m’a semblé que j’aurais beaucoup à dire sur ce thème.

Et puis quel défi : participer à un concours de nouvelles sur l’amour.

Plusieurs soirs, je me suis plantée devant mon ordinateur, attendant que l’inspiration arrive, puis faute de production vraiment convaincante, je me suis tournée vers la page blanche, avec mon stylo préféré.

Mais rien. Rien n’est venu, rien ne vient d’ailleurs.

Pourtant, oui il y a un pourtant, pour la première fois depuis des années, cette absence d’écriture jusque là si absolument nécessaire à mon quotidien, n’est pas vécue comme une souffrance, une déchirure.

Je peux vivre sans écrire.

C’est une affirmation, une surprise.

Je n’ai plus ce besoin physique et impérieux d’approcher mon clavier.

Je me contente de vivre. Il y avait longtemps…

Je garde pour moi et en moi chacun des instants de ce mois de juillet qui m’ont remplie de bonheur. Des instants de soleil avec du sucre dessus. Des moments de partage, de fous rires, d’amitié, de rencontres, de « trop bon ».

J’attends désormais les vacances avec une impatience non dissimulée.

Ma valise est posée dans un coin, ma liste est posée dessus afin de ne rien oublier de mes affaires de vacances : guide touristique, fringues légères, appareil photo, affaires de fille, LE maillot de bain qu’il va bien falloir utiliser un jour où l’autre (ben foui), petit calepin pour la prise de notes (on ne sait jamais)…

C’est L’Italie qui m’attend, puis le sud.

Je m’en réjouis à l’avance.

Il ferait presque beau à l’intérieur, les nuages se sont dissipés, quoique je reste toujours sur mes gardes, à l’affût d’un avis de tempête. Cette vieille habitude sans doute, ferrée au corps et à l’esprit, de se dire que lorsque c’est trop beau, décemment, ça n’est pas normal, illégitime.

Juillet est le mois de la vivance retrouvée pour moi et j’espère la faire durer…

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09 juillet 2009

Blog en pause

A très bientot...

Je vous souhaite de belles journées d'été et de bons moments d'écriture :))

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07 juillet 2009

Chaudoudoux et froidpiquants

Chaudoudoux

Retrouver Meilleure Amie après plusieurs semaines d’absence et avant un nouveau départ, pour parler, parler, parler… Partager nos émotions, nos ressentis, nos projets à venir et faire nos filles.

Le son de sa voix au téléphone, ses mots tout doux, ses chuchotements de miel à mon oreille…

Ce samedi passé avec eux, dans leur univers, la maison en bois nouvellement terminée, contempler leur bonheur et son ventre qui s’arrondit. Etre si heureuse pour elle.

Le repas du dimanche midi, avec eux. Des années que nous ne l’avions pas fait. Nous 3, dans notre bulle.

L’heureuse perspective de ce week end puis les vacances enfin. Pour me poser un peu, souffler et mieux repartir.

La voix de Jazmine Sullivan.

La décision de vivre les choses, de les sentir et non plus toujours tout intellectualiser.

Froidpiquants

L’irascibilité, inattendue et méconnue, de Vénérable Directrice qui ces dernières semaines n’épargne personne

Postuler ou pas sur ce poste près de chez moi

La colère qui ne me quitte pas contre ces employeurs qui bafouent toutes les règles, qui piétinent le droit du travail et plus encore la personne humaine. Aurais-je longtemps le courage de monter au créneau, répéter inlassablement les mêmes arguments ?

Le désarroi devant le démantèlement inéluctable du système de soins français, devant cette médecine à 2 vitesses. Intolérable cette attente qui lui est imposée pour avoir des examens complets, et lever le doute sur nos questionnements et inquiétudes...

La perspective de ces vacances avec cette amie dont je ne me sens plus proche, avec laquelle je ne suis plus en harmonie… et la culpabilité de ne pas être capable de le lui dire

L’insomnie, encore, toujours, qui revient et qui me demande de lutter au quotidien pour rester attentive et présente aux personnes que j’accompagne, pour être à ce que je fais

Le conte des chaudoudoux et froidpiquants (ici)

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05 juillet 2009

Je parle de vous...

Dans des commissions

Quand après plusieurs mois ou des années d’accompagnement, nous avons exploré ensemble toutes les possibilités et qu’aucune solution claire ne s’est dessinée. Alors, je vous oriente, si vous le souhaitez, vers ce que l’on appelle « un accompagnement renforcé ». C’est à moi de présenter votre dossier devant d’autres professionnels, il s’agit d’évoquer dans le détail votre parcours, ce que nous avons mis en place ensemble en terme de recherche d’emploi.

Vous n’êtes pas là et ce sont eux qui vont valider, ou pas ce nouvel accompagnement. Des extérieurs, des personnes qui ne savent rien de qui vous êtes. J’attends le verdict comme on attend une sentence qui doit tomber et qui avalisera ou pas la possibilité pour vous de continuer à avancer dans un autre cadre, avec d’autres moyens.

Si vous êtes accepté, notre accompagnement ensemble s’arrête là. Parfois vous me remerciez, l’un et l’autre nous sommes un peu émus. Parfois nous sommes soulagés. Passer la main ne peut être qu’un bien. Pour vous, comme pour moi.

En réunion de travail

Avec une autre institution d’accompagnement. Une fois par mois, nous nous réunissons pour évoquer les dossiers considérés comme difficiles. Ce peut être par rapport à votre manière d’appréhender la recherche d’emploi, à votre façon d’être en emploi, et tout simplement parce que l’avis des collègues, à un moment donné, sur un point technique nous est indispensable.

Parfois je vous informe que je présente votre dossier. Parfois non. Parce que je n’en ai pas le courage, parce que je ne le juge pas utile, parce que je ne peux pas partager mes préoccupations à votre égard, avec vous…

Pouvoir partager, en dehors de vous, entre pairs est un support réel qui souvent redonne du souffle à un accompagnement qui parfois peut ne pas nous paraître cohérent ou pertinent.

Entre 2 portes

Avec des collègues. Lorsque l’entretien a été riche, surprenant, lorsqu’il y a eu une « rencontre ». Lorsque l’entretien a été particulièrement difficile et parfois douloureux.

On se pose, autour d’un café ou 3 minutes dans le bureau de l’autre, celui qui écoute, recueille l’angoisse ou la joie simple.

Ces instants sont rares, mais oh combien appréciables. Ils nous font apprendre sur nous même, ils forcent à prendre du recul, à mettre en d'autres mains des informations sur vous, pour vous comprendre. Nous créons une sorte de solidarité entre nous, vous rendons vivant à d’autres, car le face à face à longueur de journée est parfois et à bien des égards énergétivore.

Le midi à table, au travail

Nous rompons le pacte de ne pas parler «travail», parce que la situation vécue a été trop forte, le verrou a besoin, dans un cadre protecteur, de sauter un peu. Puis nous passons à autre chose…

A la maison, avec des amis, des membres de ma famille

C’est plus rare, mais j’ai à cœur de faire savoir qui vous êtes, quelles sont vos difficultés, quelles sont les réalités de mon travail. La réalité d'une certaine société aussi.

Il arrive que vous me poursuiviez en pensée jusque chez moi. Alors, je dois me questionner sur ma posture, sur la façon dont je vous accompagne, sur l’influence négative ou positive que je peux avoir sur vous, sur la façon dont ensemble nous avançons. Parfois je pense à vous, me demandant si vous avez trouvé un logement, si la période d’essai s’est bien passée…

Ces dernières semaines, c’est de vous dont j’ai parlé :

Vous qui êtes en train de perdre votre femme. Nous avons arrêté l’accompagnement il y a plusieurs semaines, pour que vous puissiez être auprès d’elle dans ses dernières jours. Pourtant, vous revenez me voir, vous avez besoin de savoir quoi dire à vos enfants. Je ne sais pas. Je suis impuissante, je cherche mes mots. Je suis démunie face à votre douloureuse question. Je vous dis que je n’ai pas d’enfants et quand bien même ce serait le cas, mes mots ne pourraient pas être les vôtres. Vous avez les larmes au bord des yeux. J’attends que ça sorte, sans un mot, qu’enfin vous vous autorisiez à exploser, mais rien. Vous repartez comme vous êtes venu, un filet de voix pour me dire « à bientôt ».

Vous, à cause de toutes vos marques sur les bras qui me font violence. Celles qu’il vous a faites en vous tailladant un soir de rage. Je vous trouve si belle, si fragile et paradoxalement si forte. Si forte pour affronter la recherche d’emploi, la recherche de logement, la procédure d’éloignement, les agressions verbales et physiques dont il est encore capable. Je lis la peur, si perceptible dans chacun de vos gestes. Vous ne cessez de forcer mon admiration.

Je parle de vous. Parce que vous me faites rire. Infiniment. J’aime ce décalage dans la conversation, votre légèreté. Pour vous tout est facile, sans trop d’importance, joyeux. Je me sens le besoin de vous protéger face à cette collectivité qui vous emploie, qui bafoue allègrement les règles du droit du travail et qui ne reconnaît pas votre travail. Vous m’avez dit que cela n'a aucune espèce d’importance pour vous. «L’essentiel pour moi, c’est être dans le juste». Certes, mais pour moi ce ne peut pas être suffisant…

Des vous…

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04 juillet 2009

14/ Notule poétique du samedi matin d'avant départ

"Dans les rêves commencent les responsabilités"

W. Butler Yeats

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01 juillet 2009

Blancs et rouges

C’est une histoire vulgaire.

Une histoire de globules.

Je n’y connais rien en globules, je ne sais pas où ça se situe, à quoi ça sert, ni même à quoi ça peut ressembler.

La seule chose que j’ai comprise c’est qu’ils ont la délicatesse d’avoir des couleurs différentes. Pour qu'on distingue les bons des mauvais. C’est pas con le globule finalement...

Bref, elle n’en a pas assez.

La première série d’analyses est mauvaise, nous sommes en attente de la deuxième.

Celle qui laisse des bleus sur les bras comme si elle avait été cognée tant sa peau est fine et marque.

Alors on attend.

Le problème avec l’attente, c’est le film que l’on se fait.

Car dans la famille, certaines histoires se sont mal terminées à cause des globules, des putains de globules à la mauvaise couleur.

Je regarde ma mère comme une enfant. Je la couve des yeux, je l’enveloppe.

Et je tente de ménager cette attente. De cacher tout cela sous du sourire, sous de la tendresse.

Car ce pire là, je ne suis pas certaine que nous puissions l’affronter…

Posté par Cloudy à 20:16 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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