26 juin 2009
Juin : en objets, en évènements, en émotions
L’Iran
Un frémissement de liberté qu’on assassine. Dans la rue, dans les universités, les organes de presse, les intellectuels… des hommes et des femmes, qui par milliers avancent en silence, avec leurs seules convictions, pour faire triompher la paix. Il doit y avoir des raisons valables, tangibles, économiques ou politiques pour qu’on laisse un peuple se faire massacrer.
Je vomis ces pays industrialisés, moralisateurs incapables d’intervenir dans ce conflit comme ils sont incapables d’intervenir aussi au Darfour ou en Palestine. Mon coeur chavire en voyant ces hommes et ces femmes lutter avec si peu de moyens. Comme je chéris ma liberté…
Le RSA
Il entre en application le 1 juin. La com est lancée depuis plusieurs semaines, tout le monde est au courant, on le réclame, c’est normal, c’est un nouveau droit.
Mais sur le terrain rien n’est prêt. Absolument rien. Nous n’avons que des bribes d’informations, incohérentes, nous ne sommes pas formés et impossible de remonter à la source puisque les institutions se contredisent. Qu’importe, il est là. Alors on fait avec, de manière empirique, comme à notre habitude. La colère et la lassitude me viennent chaque fois que je suis confrontée à la situation.
J’ai envie de tout envoyer balader. Car encore une fois, on lance une énième réforme sans avoir pris soin d’évaluer les précédentes, leur impact sociologique, économique. On fait des effets d’annonces, on envoie la sauce, en espérant qu’elle prendra et surtout qu’elle calmera le jeu. Juste avant l’été, en plus, c’est bonnard.
Je prends des raccourcis ici. Mais je suis estomaquée, une fois de plus, qu’on laisse reposer de telles machines « à insérer » sur nous (les gens de terrain). Il me semble que rien n’a été pensé plus haut, que tout nous arrive toujours en pièces détachées, à nous de composer. Une pure aberration. Une de plus. Car on ne peut se contenter de composer avec de l’humain. Nos actes, nos propos ont des incidences.
Ce qui est d’autant plus révoltant c’est que cette réforme, émane d’un certain Martin Hirsch lequel a quand même œuvré des années durant sur le fameux et sacro saint terrain. Qu’en a-t-il donc retenu ?
Que font les pouvoirs publics pour donner des moyens à la formation professionnelle, à l’apprentissage de la langue française, à l’accompagnement social et psychologique, pour faire de vraies réformes qui tiennent la route en matière d’emploi ?!!!
Des photos
Prise par ce photographe chilien. Une photo de moi, une photo volée, réclamée, rendue et enfin une rencontre. Avec cet homme réfugié politique qui a lutté dans son pays, une rencontre avec ses photos. Des photos de travailleurs, à la chaîne, en usines. Une révélation.
Les tiennes, belles…
Des retrouvailles
Avec cet ami perdu de vu. Nous ouvrons la boite à souvenirs et remontons ensemble ces 2 années passées loin l’un de l’autre. Une soirée de partage et d’écoute réciproque, un moment tellement rare pour moi. Comme il drôle de se perdre, de se retrouver comme si tout avait changé mais pas tout à fait.
Les mêmes mécanismes, les mêmes préoccupations, les mêmes blagues, la même attention aux êtres et aux choses. C’est nous. Nous + 2 ans et ce temps qui nous était nécessaire pour enfin nous envisager autrement.
L’hypocentre
Drôle d’instant que celui ci, lorsqu’il se présente, lorsqu’il arrive sans s’annoncer. Comme avant une secousse sismique. Quelque chose au loin qui gronde, indicible, qui se rapproche, monte, jusqu’à la fissure finale.
Impossible d’évaluer la magnitude mais la surface d’onde est palpable : tout mon être.
J’ai craqué.
A force d’être trop lisse, à force de m’effacer, à force de vouloir protéger.
J’ai commencé par compter les ecchymoses.
Une à une. J’en ai fait l’inventaire.
Puis j’ai contemplé l’intérieur.
Tranquillement.
Pas mal de choses ont plié.
Mon corps, mon ventre comme des échos. Comme pour me dire, « c’est là, vivace, pas réglé ».
Comme un long cri intérieur, qui n’en fini pas de hurler.
Une sorte de catastrophe naturelle. Comme lorsque les eaux montent violemment et qu’elles emportent tout sur leur passage, laissant derrière elles un paysage dévasté.
Mais je suis vivante.
La vie… que je trouve bien injuste parfois.
Néanmoins, je lui accorde le bénéfice du doute, elle se charge certainement de me mettre face à mes contradictions, elle répète l’histoire pour que j’affronte ma réalité, mes responsabilités, que j’avance peut être. Peut être ?
Aujourd’hui, je suis comme ce volant que l’on pose sur le filet au moment de la mise en jeu, au badminton. En attente de savoir de quel côté il va pencher. Est ce que je vais pourvoir jouer tout de suite, ou devoir laisser passer mon tour.
Je n’ai pas envie de le passer ce tour.
J’ai la conviction d’être à la croisée des chemins, d’entamer un nouveau cycle. Personnel, professionnel.
Comment, combien de temps cela va-t-il durer, quels sont les moyens à ma disposition, les ressources, je ne sais pas mais j’en suis là.
La formation
6 femmes autour d’elle. Une formatrice qui nous porte pendant cette formation de développement personnel. Jamais, je n’ai vécu et ressenti une session de cette manière : avec mes tripes. Quelque chose de fort qui s’est installé immédiatement, une certaine intimité, une vérité, qui chacune nous a emmené loin dans la découverte de nous même, de l’autre. Indéniablement un grand moment, sans doute un déclencheur.
Le blog
Mon blog, mon objet, ma chose, mon moi, mon surmoi.
Tout le mois j’ai été mal avec lui, avec l’impression de le trahir parce que je me suis censurée sur certains évènements et sentie dépossédée aussi.
Je me suis résolue à poursuivre parce que l’aventure est trop belle, l’écriture ici trop indispensable pour moi. Je ne parlerai pas de vous, qui me connaissez hors du blog, vous gardant dans ma réserve secrète. J’ai trop de pudeur à partager et le devoir aussi de nous protéger peut être…
Plus belle la vie
La décision a été très difficile à prendre, c’est sans conteste la plus douloureuse de mon histoire télévisuelle, mais j’ai cessé de regarder plus belle la vie. Si.
Enoooorme ! Je dois désormais occuper autrement la case 20 h 09 à 20 h 39. Tout un programme…
La burqa
Cette affaire grave, à mon sens, me laisse perplexe.
En tant qu’être humain, en tant que femme, je reçois avec une violence inouïe l’image de ces femmes fantômes engrillagées derrière ce voile intégral. Des femmes gantées, dont l’habit touche le sol, qui s’autorisent seulement à laisser passer le regard. Un habit qui ne s’applique qu’aux seules femmes…
Au nom de quoi stigmatiser ces femmes qui pratiquent librement (ou non…) leur religion ? Mais au nom de quelle religion doit on laisser ces femmes se mettre en marge. Car qu’on le veuille ou non, ici, l’habit désocialise, marginalise.
A quoi cela peut il servir ? Protéger les hommes de leurs faiblesses, de leurs indécisions, de leurs désirs ?
Laisser faire, c’est renoncer, c’est battre en retraite, c’est perdre, ce que tant de femmes ont mis des siècles à bâtir, à gagner.
MJ
Les icônes meurent parfois, pour entrer définitivement dans la légende...
Commentaires
Je passe juste pour te souhaiter bon courage.
Je commenterai plus tard. Un peu fatigué aussi ces derniers temps.
Je partage beaucoup avec les opinions sur lesquelles tu écris.
Bonne journée. à bientôt
Grr j'avais laissé un com qui s'est tout effacé !!
J'y disait que j'aimais tes mots, ce que je devine derrière, ce que je ne connais pas encore de toi aussi, tes remises en question, tes questions, tes doutes, c'est autant de choses qui trouvent écho en moi.
Ce que je retiendrai aussi de ton post c'est le sujet sur la burka, j'en parlais cette semaine et comme à chaque fois ça me met dans un état d'énervement intense. Pourquoi ?????? Je me sens heurtée par ces femmes voilées comme si on me touchait au plus profond de mon être. Etrangement ces femmes me choquent autant qu'une femme qui se baladerait entièrement nue ou mutilée. Je ne sais comment dire en quelques mots mais les femmes se sont tant battues pour avoir le droit ne serait-ce que de voter, de porter un soutien-gorge ou je ne sais que ce phénomène soi disant religieux est un avilissement de la femme à mes yeux.........
Grr et voilà, tu vois je m'emporte une fois de plus !!
Alors je disparais vite en te souhaitant juste un bon week end et en déposant par ici de gros bisous.
Oh, et juste une chose : merci pour ton blog, pour ce que l'on peut y lire et y découvrir.....
énorme pour "plus belle la vie"...
tu n'auras plus besoin de décrocher ton tel entre 20h09 et 20h39 et tu pourras répondre à tous les démarcheurs téléphoniques!
--
un mois de juin bien rempli...
Que dire de plus à cette belle et longue note. Bon courage.
@ Karl
Prends soin de toi, à tout bientot :))
@ Anouchka
Il est bon de s'énerver parfois, surtout lorsqu'il s'agit de ce type de sujet "de société". L'échange fait du bien, il est riche et porteur de sens. Sans que nous soyons taxées d'obscurantistes ou de racistes, le propos n'est pas là.
Merci à toi de passer, de le fréquenter. J'ai grand plaisir à te lire et à découvrir ton univers :))
@ Sophie
Des pensées à toi :))
@ Bertrand
Oui un vrai sacrifice de ne plus regarder PBLV :p
Je vais pouvoir m'adonner en toute quiétude à mes trucs de filles :))
En te lisant j'ai parfois l'impression de voir ma jumelle à des milliers de km, parfois cela m'effraie...d'autre fois un sourire nait aux coins de mes lèvres...
Quoi que tu en dises ou en penses, tu parles de toi, de tes sentiments d'une façon dont je ne saurais le faire...
@ Down Under
Merci pour ce message :))
Je n'ai rien d'effrayant, je t'assure :p
Je crois qu'il est normal de retrouver chez d'autres des émotions que nous pouvons ressentir, il y a une certaine universalité dans cela même si nos histoires, expériences sont différentes.
Je trouve cela plutot rassurant d'ailleurs à certains égards.
Je mentirais en disant que tous ces compliments et votre bienveillance ne me font pas infiniment plaisir.
Merci à toi de le faire et de venir me visiter.
Des pensées douces :))
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