Cloudy au pays des Nuages

Du moi avec des nuages dedans : "C'est bien quand on est autre, qu'on est le plus soi même"...

30 avril 2009

Maux de corps

La cohabitation a toujours été difficile, ponctuée de désaccords et d’incompréhensions.

Allant parfois jusqu’à la violence.

Qui n’a jamais vécu cela, ne peut pas comprendre, ne peut pas s’imaginer à quel point il est douloureux parfois, de faire s’aligner un corps et une tête.

J’ai traîné le premier des années durant comme un boulet, un immense fardeau.

Je ne me reconnaissais pas dans cette entité, elle ne pouvait pas être mienne. Je l‘ai nié, rejeté très loin, jusqu’à l’oubli le plus total.

Quant à la tête, elle m’a toujours paru trop vide, pas assez bien faite.

Schizophrénique hein ?

Oui.

Parce qu’il est difficile de vivre en permanence avec ce que l’on n’aime pas. Soi.

J’ai investi sur mon corps, pour le retrouver, comme on mise sur un cheval.

Thérapie, massage, sport. Jusqu’à plus soif.

Je sais aujourd’hui d’où me viennent ces maux de corps.

Je sais à quoi ils correspondent, à quelles peurs inavouées ils renvoient.

Un temps, j’ai même cru être guérie. Kilos envolés, légèreté retrouvée, bien être.

Je me suis trompée.

Voilà qu’aujourd’hui, mon passé me rattrape, il vient se frotter à moi.

A nouveau des signes corporels qui apparaissent, témoins de mes angoisses et de mes démons qui ressurgissent, à nouveau la prise de poids.

Que je suis, bien sûr, incapable d’enrayer.

Je me demande jusqu'à quand le malaise existentiel va durer, combien de temps pour réinvestir ce qui m'appartient... ?

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29 avril 2009

10/ Notule poétique du mercredi matin

"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton"

G. Bachelard

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27 avril 2009

Demain ?

Que se passera-t-il dans 2, 5 ou 10 ans lorsque tous les fichiers se croiseront : justice, éducation, santé, services bancaires… ?

Que se passera-t-il lorsque chaque employé de ces services ou institutions sera tenu d'instruire des dossiers et remplir toutes  les données personnelles concernant les administrés, adhérents et j'en passe, sous peine de voir des financements ou son poste disparaître, des pénalités infligées aux employeurs... ?

Que se passera-t-il lorsque des enfants, les vôtres, les miens peut être, feront des « bêtises » et que cela aura des retombées sur toute la famille ? Ex. : Nestor, 12 ans, 2ème d’une fratrie de 5 enfants, Papa en recherche d’emploi, Maman qui travaille à mi temps, a fait sauter 3 fois son cours de maths, il s’est battu méchamment avec ses copains à la sortie de l’école (point de suture pour un des adversaires, bras cassé pour un autre) : pénalité pour les parents, la Caf est sucrée pour toute la famille, le Papa ne recevra plus ses indemnités chômage, les autres membres de la fratrie ne seront plus prioritaires pour la cantine… ?

Que se passera-t-il lorsque je refuserai de positionner une personne sur une offre d’emploi, parce que je considère que sa prise de poste peut être dangereuse pour elle même ou pour un éventuel collaborateur et que cette personne décidera de porter plainte contre moi à titre individuel… ?

Que se passera-t-il lorsque tout cela sera possible, entériné par des lois, légitimé par des décideurs politiques et/ou financiers qui se foutent de savoir ce qui se cache derrière la notion de social.

Que dira-t-on à nos enfants, les vôtres, les miens peut être ?

On a bradé la question social ?!

Le social qui s’attache à laisser le moins de monde possible au bord de la route, celui qui reconstruit, celui qui aide à se tenir droit, celui rend la dignité, celui qui permet de croire en nouveau en l’avenir.

Ils nous jugerons sans doute et ils auront raison. Car nous, car moi, j’aurai laisser se déliter ce modèle, cette idée de société. Une idée en laquelle je crois fermement et qui me fait me lever chaque matin.

Jusqu’ici…

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26 avril 2009

Sur le sable

Il suffit de trois fois rien parfois.

Un petit grain.

Pour me projeter violemment dans un abîme de tristesse et de mélancolie.

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24 avril 2009

Revue de semaine : crazy week

Lundi

J’ai raté l’heure du réveillage. Enorme ! En 11 années de travail, ça ne m’était jamais arrivé. J’ai fait en 30 min chrono, ce que je réalise habituellement (avec grand peine) en 1 h. Du coup toute la journée, je me suis traînée avec cette impression de n’être pas tout à fait réveillée, pas tout à fait dans ma journée quoi.

J’ai découvert par le plus grande des hasards qu’il me restait (très exactement) 0.03 centimes d’euros sur mon compte. Comment un truc comme ça peut se passer ? Mystère… paraît que c’est de la dyscalculie (j’ai un nouveau mal, olé !). Depuis, je suis coachée pour tenir à jour mon compte en banque. Meilleur Ami de travail a eu pitié, il m’a fait un tableau (journalier !) à remplir. Même que je serais contrôlée qu’il m’a dit ! Je suis même interdite d’achats jusqu’en juin, histoire de me refaire. Bref, la torture.

Mardi

Je me suis retrouvée, à nouveau, transportée vers le passé. Je vous explique en 2 mots, je suis "approchée"  par une stagiaire en documentation. Si. Car j’ai fait des études de doc, car je gère la doc de ma structure. Et voilà t’y pas que le maître de stage de ma stagiaire se trouve être mon ancien maître de stage. Le monde est décidemment bien trop petit. Voui. Notre (re)prise de contact a été des plus glaciales. Comme nos relations d’antan d’ailleurs. Je me suis efforcée de lui faire comprendre qu’il y a un monde entre la théorie et la pratique, entre l’univers universitaire et le monde concret du travail… Ce qu’elle ne semble toujours pas avoir saisi…

J’accompagne une petite dame en enquête entreprise et je tombe nez à nez avec un acteur de cinéma, si ! (pas hollywoodien hein, JUSTE de ma région). Parfaitement. Evidemment, en bonne pro que je suis, j’ai tenté de garder une contenance. Mais je l’ai quand même maté (ben voui…) du coin de l’oeil.

Mercredi matin

Avec Vénérable Directrice, nous recevons en entretien RDV « ma » stagiaire doc. Oui oui, je m'approprie des gens comme ça (ben si ça le fait d'avoir SA stagiaire quand même !). Laquelle s’écroule en larmes pendant l’entretien lorsque nous lui demandons quels services elle propose, quelle sera sa plus-value dans la structure…. A mon grand désespoir, je n'aurai pas de stagiaire cette année...

Mercredi – Jeudi- Vendredi

C’est la grand messe. Tous les conseillers emploi du territoire sont formés à un nouvel outil de suivi. Ceci pour uniformiser nos pratiques jusque là très différentes (du super outil informatique, à l’antique outil papier). Cela à 1 mois de la mise en application du RSA. Pas fait pour nous rassurer…

Nous devons être formés sur 3 jours pour être « opérationnels » dès la semaine prochaine dans nos structures respectives. Mais bien sûr, les choses ne se passent jamais exactement comme prévues. D’abord, l’outil n’est pas finalisé, donc pas utilisable en l’état. On se demande comment et sur quoi a réfléchi le groupe de travail mobilisé depuis plusieurs mois sur la question.

Ensuite, notre lieu de formation n’est pas doté du haut débit (car le nouveau logiciel est disponible sur internet), ce qui complique considérablement les choses en terme d’utilisation. En clair, on ne peut pas pratiquer sous peine de bouchonnage sur les applications. A mourir de rire donc.

Plus inquiétant, c’est l’outil lui même, son contenu. Véritable moyen de traçage pour nos publics et plus largement de nos pratiques. Je n’entre pas dans les détails ici pourtant je m'interroge sur la manière dont la CNIL a usé de son droit de regard et de validation.

Ainsi donc, pendant 3 jours nous avons joyeusement relu chacun des items proposés, nous avons débattu, voire polémiqué, sur l’objet sans avoir aucunement avancé et cela pour la modeste somme de 700 euros par jour et par personne. Olé.

C'est encore une fois la démonstration que notre métier change, d’une manière inquiétante et consternante. Il prend une dimension administrative incontestable et surtout se transforme en une fonction de contrôle et de surveillance. Je suis en colère, une colère que j’ai laissé exploser avec bonheur et qui a certes trouvé de l’écho. Mais après ?

Ma grand mère a choisi de faire un AVC. Je le dis avec toute la cruauté dont je suis capable et que je m’autorise. Nous avons un lourd passif. Pourtant, à l’annonce de cette nouvelle, j’ai ressenti une sorte de tristesse. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas. Sans doute la peur que mon père perde la seule personne qu’il y ait jamais aimé avec tant d’ardeur…

Vendredi 17 h

Etat de mon compte en banque : - 193 euros (no comment) ; c’est pô moi, c’est ma maladie…

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21 avril 2009

Communauté de destin

Certaines, certains

Que je vois toutes les semaines, qui m’appellent tous les 2 jours, qui avancent, qui reculent, qui pleurent, rient, crient dans mon bureau… Ces femmes qui n’ont jamais travaillé, qui ne croient pas en elles et en leurs potentiels, qui se trouvent trop bêtes, trop moches. Ces hommes qui s’estiment trop vieux, pas assez qualifiés, qui se sentent inutiles à la société, une charge pour leurs familles.

Je les prendrais par la main. Pour les faire traverser sur l’autre rive, celle qui conduit à l’emploi et plus largement à la confiance en soi. Le sésame, qui permet d’ouvrir des portes, prendre des risques sans avoir peur de glisser et se faire mal.

Je les prendrais contre moi, je leur donnerais doucement une tape dans le dos. Comme on le fait avec les enfants. Pour qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls, qu’il y aura toujours pour eux, un point d’ancrage, une présence bienveillante.

Je leur mettrais des coups de pied au cul. Sans remords ni regrets. Pour les remettre dans un principe de réalité, pour qu’ils arrêtent de rêver à une vie, à des horizons qu’ils n’atteindront jamais. Parce qu’ils s’écoutent trop, se plaignent trop et que les jérémiades empêchent de construire et d’avancer. Parce qu’ils ont des compétences qu’ils ne perçoivent pas, parce qu’ils pensent que tout est perdu d’avance. Parce que parfois, je m’épuise à répéter…

Je les inviterais bien à boire un verre. Pour que l’on se connaisse mieux, autrement, hors de ce bureau forteresse. Nous pourrions peut être devenir ami(e)s ou pas, mais nous aurions transformé pour quelques instants au moins, cette relation aux accents trop professionnels parfois.

J’aimerais bien quelques fois, mais je ne le ferai jamais.

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20 avril 2009

1/ Notule musicale du lundi soir

C’est drôle

Mais bien souvent

J’ai pensé à ça

J’aurais pu changer de rôle

Aussi souvent que je changeais de pièce, d’envie ou d’état

Renaître, connaître autre chose

Demain si tout explose

On voudrait tous être

Quelqu’un d’autre

Juste une fois dans sa vie

Que tout soit si différent

Quelqu’un d’autre

Mais est-ce que ça suffit

Pour oublier des moments

Quelqu’un d’autre

Quelqu’un d’autre

Changer de peau, de décor

Quelqu’un d’autre

Quelqu’un d’autre

C’est comme ça

Que je vois les choses

Dans la tête des autres

C’est peut-être plus marrant

Parfois

On ne peut plus voir en face

Sa vieille carcasse

Et au bout d’un moment

On rêve, on crève de jalousie

On en a tellement tellement tellement envie

Qu’il ne faut jamais s’en priver

On voudrait tous être

Et se sentir ailleurs

Un autre costume

Une autre voie

D’autres coutumes

Faire d’autres choix

Se réveiller dans une autre peau

Quelqu’un d’autre...

La Grande Sophie

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16 avril 2009

L'élection

Les livres me choisissent parfois.

Ils m’appellent, m’interpellent.

Par un titre, une phrase.

Je m’approche, je tourne autour.

Je regarde la première de couv’, je jauge la photo, je me hasarde à l’ouvrir, à lire une phrase puis je vais directement à la 4ème de couv’.

Et déjà, c’est dans la poche, ils le savent bien avant moi, c’est sûr, ils me narguent.

Ce fut le cas avec celui ci *.

Je me demande encore si c’est à cause du titre. Un titre avec « père » dedans. Sûrement.

J’ai lu d’une traite cet objet délicat et puissant.

Le genre de livre que j’aimerais être capable d’écrire.

Des phrases incisives, courtes, qui claquent et résonnent.

Je les ai regardé tous les deux, cette fille évoluer avec ce père. Si lointains et si proches à la fois.

Et puis la fin. Inattendue, qui déchire.

Et je me suis demandé si pour nous aussi, il n’était pas trop tard…

* Laurence Tardieu : "Comme un père"

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Superstition

Je suis superstitieuse.

Voui (notes cher(e) lecteur/trice que je te fais ici, un méga aveu).

De ces superstitions un peu grotesques, proches du toc qui font appréhender la vie, parfois, d’une drôle de manière. Une vie avec des barrières, des pièges, des entraves, que l’on se met bêtement, tout seul.

Le nouvel objet de mon tourment, ce sont les corbeaux. Il y en a beaucoup en ce moment…

J’en vois tous les matins qui bordent mon chemin alors que je me rends au travail. Je ne m’en suis pas vraiment inquiétée au début et puis voilà que je me suis mise à redouter de croiser les satanées bestioles.

Scientifiquement, croiser des corbeaux alors que c’est le printemps que arbres et fleurs commencent à éclore et les agriculteurs à labourer leurs champs, ben tout ça c’est cohérent. Ben pas pour mon esprit torturé (et influencé par Hitchcock).

Je me suis dit, que ça ne pouvait être que pour moi. Et la catastrophe est vraiment arrivée…

Julie (ma coiffeuse) m’a quittée.

Elle est partie sans rien me dire.

Même sa patronne ne m’a pas donné de ses nouvelles (la pétasse).

Je suis orpheline de coiffeuse. Si. Et j’en ai gros sur le cœur car Julie ben c’était pas n’importe quelle Julie. Julie elle connaît mon cheveu comme personne, elle sait dompter mon épi là à droite, elle fait des shampooings à bonne température et surtout, surtout, elle me prépare toujours un petit chocolat quand j’arrive (certes en sachet mais je m’en fous pace que c’est l’attention qui compte).

Si vous connaissez une autre Julie aussi bien que ma Julie et pas trop loin de chez moi ...(n’hésites pas à me contacter cher(e) lecteur/trice !)…

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14 avril 2009

Quand ça buggue

Lorsque la panne informatique survient…

Tu ne peux pas franchir la porte du travail le matin. Parce que ce ne sont plus des clés traditionnelles que tu as mais un badge, relié au serveur. Tu te bénis alors de les avoir gardé ces fichues clés, pour ouvrir le dernier verrou qui reste et qui te permet de gagner le sésame : ton bureau.

Tu ne peux pas consulter ton planning, parce qu’à l’unanimité, nous avons jeté les bons vieux agendas papier, pour être tous « reliés » au même satané serveur, qui nous permet de consulter nos plannings où que nous soyons, en ligne.

Tu ne peux pas mettre à jour les dossiers de tes suivis. Parce que eux aussi, sont rangés dans un progiciel, sur le même serveur cité plus haut (celui qui contient TOUT en clair). Heureusement, pour les « écriveuses » comme moi, il reste le bon vieux « dossier » papier que je ne me résous pas à jeter et qui me sauve (un peu).

Pour consulter les offres d’emploi, c’est toujours la galère… Parce que là encore, les offres sont stockées et traitées sur un autre progiciel, que FORCEMENT tu ne peux pas ouvrir.

Tu veux envoyer un fax avec un papier en tête tout bête ? Retrouver une fiche d’inscription pour positionner une personne sur une action ? Ben tu ne peux pas parce qu’elles sont désormais toutes envoyées par mail et stockées sur nos ordis. Un jour, on a eu la bonne idée de ne plus stocker dans les bons vieux classeurs toutes ces fiches papier qui prennent de la place et qu’il faut remettre à jour. On a préféré scanner.

Alors, alors tu remercies le ciel de n’avoir pas eu de RDV ce jour là, d'avoir sur une demi-journée noté « administratif » sur ton planning et d’avoir rangé les quelques papiers qu’il reste (quand même) dans ton bureau…

Une demi journée, le temps de trouver LE bug qui t’a paralysée toi ainsi que TOUT le service mais t’a néanmoins permis de noter à quel point on est TOUS ultra dépendants de l’informatique, et de le déplorer…

Posté par Cloudy à 18:15 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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