Cloudy au pays des Nuages

Du moi avec des nuages dedans : "C'est bien quand on est autre, qu'on est le plus soi même"...

28 février 2009

Message personnel

Te retrouver dans notre salon de thé préféré, autour du chocolat chaud et de la mignardise.

Te parler des vacances. Comparer l’incomparable, nos vacances ensemble au Maroc et le circuit en Turquie.

Répondre à tes questions, nourrir ta curiosité. Sur le pays, les gens, les rencontres.

Tu n’aimes pas les « voyages à touristes » comme tu les appelle. Tu as besoin de te perdre dans les foules, pousser les portes, entrer dans les quartiers dans lesquels personne n’ose aller. Pas moi.

Tu es si aventureuse et moi si prévisible, j’ai tant besoin de cadre, même pendant les vacances, quand tu n’as besoin que de faire éclater les frontières.

Tu te moques, du confort dont j’ai besoin, tu me demandes combien d’étoiles aux hôtels, piscine, sauna, hammam ? Et tu ris.

Et puis toi. Tu me dis que tu étouffes, que ton univers est trop petit pour toi, étriqué.

Et déjà, je connais la suite. Ton envie de partir. Encore. Aller voir ailleurs. T’échapper. Vivre les objectifs que tu t’es fixé, atteindre ton idéal.

Tu as tout prévu. Commencer à informer les collègues puis le patron de ta décision, dans 2 mois poser le préavis, idem pour l’appartement. Cette fois, ce sera Mayotte, très probablement.

Déjà, je sais que ta décision est prise. Elle est inéluctable.

Pourtant.

Pourtant, à l’intérieur de moi un petit quelque chose s’est craquelé, fendillé. Le manque déjà.

Le manque de ta présence bien sûr, de ton écoute. Le manque de toi.

Il me semble que tu es l’une des rares à si bien me connaître, à tout savoir de moi. Depuis toujours, chacune de nos entrevues sont intenses, riches en émotions, en échanges. Tu lis en moi.

Un regard, un mot te suffisent pour savoir dans quel état je suis et pour agir en conséquence. Il y a entre nous cette force là. Celle de l’écoute, du non jugement, du soutien indéfectible.

J’ai pensé que sans toi, je serai définitivement seule, un peu orpheline. J’ai eu mal mais je n’ai rien dit.

Malgré notre promesse, celle d’avoir une relation de qualité, empreinte d’honnêteté, se dire tout ce que l’on a à se dire en transparence, même lorsque cela fait mal, je me suis tu.

Je suis rentrée et j’ai pleuré doucement, comme une enfant. Enfouie sous les émotions qui ne cessent de m’assaillir actuellement.

Bien sûr, je n’espère que ton bonheur, ici ou ailleurs. Le bonheur que l’on souhaite aux personnes que l’on aime, qui nous sont chères et dont on sait qu’elles ont souffert, qu’elles méritent peut être plus que les autres de savourer le fruit d’un labeur difficilement acquis.

Ma Douce Amie, j’ai une telle fierté à te connaître, à être ton amie.

Je te souhaite heureuse. Ici ou ailleurs. Avec un peu de moi porté en toi.

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27 février 2009

Besoins divers (et très variés)

D’un plombier-électricien-pas-trop-cher. Je sais, de nos jours, c’est une pure illusion.

D’une crème anti rides. Inutile de rire sous cape (si je vous ai vu !!!!), la nouvelle nécessité de ce futur achat me rend malade (cap difficile à passer pour la JEUNE trentenaire que je suis). Si vous avez des pistes (efficaces s’entend) je suis preneuse.

D’une personne suffisamment passionnée, pour accepter de faire un lifting à ce blog, gratuitement (ben quoi ?). Evidemment, si elle habite près de mon antre, c'est mieux (si en plus tu es grand, brun.... non pardon, je m'enflamme !).

De tuyaux pour me loger (pas cher, encore une fois) à Berlin. In der Stadt, ce serait mieux.

D’une personne patiente et expérimentée qui m’explique comment on fait pour faire développer 2 ans de photos numériques. Là je vous autorise à rire, moi même j’ai honte d’être infichue de savoir comment ça marche.

Heu... ce sera tout pour aujourd'hui :))

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24 février 2009

A la recherche du temps perdu

A chaque fois, c’est pareil.

Dès que je reviens, je déprime. Je suis ici mais encore un peu là bas, je m'acclimate mal à ma vie d'avant.

Je laisse reposer crânement la valise dans le couloir, j’ai du mal à défaire mes bagages, sur la table de la cuisine, dans un joyeux fouillis traînent mes trésors rapportés du voyage : les tickets de musées, la doc récoltée, les cadeaux à offrir.

Déjà il faut ranger, trier, commencer à oublier.

Il me faut un petit temps pour me remettre et reprendre pied.

Parce que, j'aime …

Me retrouver nez à nez à l’aéroport avec une collègue de l’ANPE (Dieu que le monde est petit).

Me sentir parquée avec mes 200 autres congénères de voyage, dans le coucou d’une compagnie low cost inconnue au bataillon, et crier de joie avec eux et applaudir au moment de l’atterrissage tellement je suis heureuse d’être encore en vie.

Les chambres d’hôtel avec leurs petits échantillons, leurs petits cadeaux de bienvenue, leurs literies brinquebalantes ou pas, les petits problèmes techniques (ici pas d’eau chaude, là plus de chauffage après 21 h et là une chambre réservée à des personnes à mobilité réduite).

Les souvenirs des autres voyages qui reviennent en rafale, comme pour me poursuivre, comme pour faire revivre le passé dans le présent.

Etre en Turquie et entendre parler allemand à tous les coins de rue, me retrouver entourée d’allemands dans les hôtels, manger allemand et devoir converser en allemand avec les autochtones pour me faire comprendre.

L’esprit de ce groupe formé par le hasard et qui au fil des jours sait créer une intimité, une chaleur insoupçonnée.

La lecture qui m’accompagne et qui marque de son empreinte le voyage. Pour celui ci je pars avec Proust. Le Proust de la madeleine, le Proust du temps perdu qui ne se rattrape jamais.

Partager des chansons, des confidences, des blagues, des rires avec de parfaits inconnus reliés entre eux par de drôles de coïncidences, le temps d’une fin de soirée, le temps de nous créer des souvenirs périssables.

Les contrastes de ce pays, son visage, la beauté des villes traversées : Antalya, Aspendos, Konya, Sultanhani, Göreme, Nevsehir, Urgüp, Urchisar.

Les monuments, leur sobriété, leur dénuement.

Les habitants de ce pays. Leur sens de l’accueil, leur gentillesse, leur démesure (baise main, demande en mariage, multiples grigris offerts comme autant de preuve de sincérité et de bienveillance).

La force des rencontres, avec le chauffeur protecteur, le guide érudit et mystérieux, certains membres du groupe.

M’oublier, me retrouver propulsée dans des univers inconnus, perdre mes repères. Pour apprendre, pour découvrir, pour m'ouvrir à d'autres horizons, d'autres modes de vie, de pensée.

Le climat si proche de celui de ma région, qu’il m’est décidemment difficile cette année d’oublier la neige.

Les photos qui vont venir remplir les pages d’un nouvel album, les pages de mon histoire, jusqu’au prochain voyage…

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12 février 2009

Sur le chemin des cheminées de fées

Je suis prête.

Ma valise est presque bouclée. Faite, défaite et refaite maintes fois depuis une semaine. Le matériel est prêt aussi. Le matériel de fille, le matériel de voyageuse, le matériel d’écriveuse. Je suis prête dans ma tête. Pour la déconnexion totale, pour la découverte, l’apprentissage, pour les sensations nouvelles, pour les émotions et peut être pour les rencontres.

J’aime tant partir.

Avoir la sensation d’être une étrangère, sans repère, dans un cadre, un contexte qui me sont totalement inconnus. J’aime ramener des souvenirs : photos, billets de transports, tickets d’entrée, programmes, menus… Toutes ces petites choses matérielles et immatérielles, qui font le voyage.

J’aime oublier.

D’où je viens, qui je suis parfois, à quoi et à qui je suis attachée ou rattachée.

J’aime être autre ailleurs.

Pour me réinventer, l’espace de quelques jours. Ce sera bien, ce ne peut être autrement. Déjà, les mots m’appellent et chantent : La Cappadoce, les cheminées de fées, les derviches tourneurs, L’Anatolie…

Voilà, je pars. Pour quelques jours, pour une parenthèse enchantée que j’espère salvatrice, régénératrice. Loin de la neige, du froid, des crises nationales et mondiales, loin de moi d’ici qui peine à avancer, à construire, à s’éveiller à la vie.

Je vous dépose une petite bise, celle d’avant le départ et vous laisse les clés pour accéder aux nuages…

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09 février 2009

Rendre les armes

"Jamais notre corps n'a été aussi lourd et notre âme aussi légère que lorsque nous pleurons (...) s'il faut verser des larmes, ne craignons pas de le faire : elles sont le rire et les soupirs, l'expression silencieuse des paroles qui ne peuvent se dire. (...). Un regard plein de larmes ne peut plus mentir ni se mentir à lui-même. Il n'est pas sûr de ce qu'il sait, mais il le devine. Il s'approche de ces contrées inexplorées, de ces mondes obscurs et inquiétants qu'il lui faut traverser pour trouver la lumière. Il est face à ses ombres et ses fantômes. L'ange blessé s'est réveillé, il a retrouvé la parole et le droit d'exister : il est sur le chemin de la guérison".

(Catherine Bensaïd - La musique des anges)

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07 février 2009

400000 euros

40000 euros d’amende c’est la somme qui peut être réclamée à un bloggeur qui intente à l’intimité d’une personnalité politique ou privée par ses écrits. Alors, je ne parlerai plus jamais ici, de :

- L’omnipotent et omniscient Président de la République et sa Carlita. Lequel fait des annonces avec tambours et trompettes et ne réfléchit qu’après coup à la portée qu’elles peuvent avoir sur le long terme. Laquelle n’a de crédibilité aujourd’hui dans les seuls médias étrangers, en se répandant comme une adolescente sur les « incroyables qualités de son mari ».

- Eric Besson. Transfuge PS et nouveau poulain de l’UMP. Pathétique cet Eric, qui pense qu’il peut de son grand ministère, bouter hors de France les passeurs. Sans ciller ! Je te conseille Eric, tu permets que je te tutoie, j’étais moi aussi au PS naguère… Eric donc, vas faire un petit tour dans des CHRS, dans des centres d’accueil, passes une journée seulement dans un centre de rétention. Toute personne normalement constituée ne peut laisser faire de telles choses sur son territoire et se regarder en conscience dans la glace, vas y et après on en reparlera des passeurs…

- Rachida, qui avec le plus grand plaisir a démantelé en deux temps trois mouvements la justice. Sous fifre consentante de son Président, qui aujourd’hui ne trouve rien de mieux pour faire parler d’elle que de revenir 5 jours après un accouchement sous péridural. Qui juste avant cela, fait venir coiffeur et maquilleuse à la sortie de la clinique pour que tout le monde sache. Pauvre d’elle, heureusement, il y a une justice, elle quitte enfin son ministère !

- Darcos. Ministre de l’Education, un des plus beaux ministères à mon sens. A-t-il seulement été jeune un jour ? A-t-il seulement approché un ado avec ses préoccupations, ses interrogations sur l’avenir, ses souffrances, ses aspirations ? Bien sûr que non. La façon si médiocre et bête dont il a géré ses dossiers prêterait presque à rire. Rire devant tant d’incompétence. 

- Benoît XVI. Grâce à lui, à la vacuité de sa pensée et de son propos. Grâce à la décision qu’il a prise de mettre les projecteurs sur des négationnistes et de faire annuler leur excommunication, j’ai décidé quant à moi (certes tardivement) de faire annuler mon baptême. Juste pour ça, je dis merci Benoît.

- Le combat merdeux Pecresse / Karoutchi. Car aujourd’hui pour montrer sa compétence il faut parler de sa vie familiale et sexuelle. Ce sont des gages de bonne foi, des outils pour attirer la sympathie de son électorat. Si….

- Pour finir, est il nécessaire d’évoquer la terrifiante et désespérante Madame Grace Mugabé, qui alors que son pays tout entier crève la dalle va dépenser des millions en France.

Voilà, juré, je le ferai plus…

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05 février 2009

Bleu

Comme mes yeux, ceux de mes parents, ceux de mes grands parents avant eux

Comme les murs de ma chambre et la déco qui va avec

Comme les portes de Sidi Bou Saïd, en avril 2001, avec lui

Comme le vernis nacré de Chanel

Comme mes infatigables jeans

Comme les jardins Majorelle, en avril 2007, avec elles

Comme la mer de mon enfance

Comme le ciel que l’on croit pouvoir toucher lorsque l’on a grimpé une de mes montagnes

Comme la potion de Schtroumpf bue un soir de fête

Comme mon âme parfois, quand les larmes peinent à s'exprimer

Comme le ciel peint par Van Gogh sur l’Eglise d’Auvers

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04 février 2009

Mentir

c’est rêver à une vie qui ne sera jamais la nôtre

c’est préférer rompre avec des personnes plutôt que d’exprimer la nature de nos griefs à leur encontre

c’est fantasmer les choses au lieu de les vivre

c’est ne jamais finir ses phrases pour être sûre de ne blesser personne

c’est faire croire à sa famille que vivre seule, c’est bien et qu’on assume

c’est dépenser inconsidérément de l’argent pour avoir, puisque l’on n’arrive pas à être

c’est reprocher aux autres nos malheurs et déconvenues

c’est manger pour remplir les vides de notre existence

c’est observer, pour ne pas agir et ainsi être sûre de ne pas se tromper

c’est se barricader pour être certaine de ne pas souffrir

c’est rejeter les autres avant qu’ils ne s’aperçoivent qui nous sommes vraiment

c'est renier ses émotions, pour sauver la face

c’est encaisser et ruminer plutôt que répondre

c’est faire plaisir aux autres avant de penser à soi

Voilà à quoi cela ressemble lorsque je me mens...

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02 février 2009

6/ Notule poétique du soir

"Je ne supporte pas d'être moi

Je m'invente"

J. Bousquet

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01 février 2009

Dimanche, 17 H

Dimanche, la journée hors du temps

Il faut s’employer à tout rendre facile et léger

Rien ne doit plus compter, sinon l’instant

Il est nécessaire de le vivre bien et d’une belle manière

L’ancrer, le garnir d’émotions, de couleurs

En faire un bon souvenir

Et puis déjà, dimanche 17 h

C’est le moment où tout commence à basculer

Il faut songer à glisser vers l’hypothétique demain

Préparer le repas du midi à venir, penser aux vêtements que l’on mettra, préparer la mallette avec ses petites affaires dedans, donner un coup d’œil rapide à l’agenda pour se donner une idée de ce que la semaine sera ou pas

Dimanche 17 h

C’est le retour au réel, à la vie du dehors, à l’impermanence

La vie d’un autre temps

Posté par Cloudy à 19:58 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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