Cloudy au pays des Nuages

Du moi avec des nuages dedans : "C'est bien quand on est autre, qu'on est le plus soi même"...

31 janvier 2009

Je me souviens (la suite)

Je me souviens de la bougie que l’on allumait le 1er dimanche de l’avent

Je me souviens du 1er « A voté » et de ma fierté alors

Je me souviens de Tchernobyl

Je me souviens de la poudre de riz de ma grand mère

Je me souviens de mon tout premier parfum « Anaïs Anaïs »

Je me souviens de images de la 1ère guerre d’Irak

Je me souviens de ma 1ère écoute du requiem de Mozart… les frissons

Je me souviens du défilé des enfants dans les rues le jour de la saint Nicolas

Je me souviens de mon accident de voiture, la peur…

Je me souviens de Romane Bohringer qui reçoit un césar pour « Les Nuits fauves »

Je me souviens de ma chute à vélo et de la marque sur la lèvre

Je me souviens des vacances à la mer et des chichis mangés sur le sable

Je me souviens du « Cercle des Poètes disparus »

Je me souviens des soirées tunisiennes à fumer la chicha

Je me souviens d’un certain 21 avril

Je me souviens de la lecture du « Petit Prince »

Je me souviens du 31 décembre 1999

Je me souviens de ma prof de français au collège : Mme Maurice. Une révélation

Je me souviens des ballades le dimanche pour aller cueillir des narcisses

Je me souviens du 11 septembre

Je me souviens des étés passés avec Cousine Préférée

Je me souviens de la 2nd fois où je suis devenue « Marraine », la plus belle

Je me souviens de la mort de Jean Paul II

Je me souviens du jour où il m’a dit que personne ne m’aimerait comme lui

Je me souviens de l’entrée des Talibans à Kaboul

Je me souviens de mon premier suivi

Je me souviens de ma 1ère paie et du temps que j’ai mis à la flambée…

Je me souviens de l’annonce de la mort de Daniel Balavoine

Je me souviens de la carte du parti que j’ai prise, puis déchirée plus tard

Je me souviens de l’annonce des résultats du bac

Je me souviens de mes lectures des « Malheurs de Sophie »

Je me souviens de Coluche qui se présente aux élections

Je me souviens du Top 50

Je me souviens de la signature du Traité de Maastricht

Je me souviens du jour où je me suis pacsée

Je me souviens des marrons grillés dans le feu les soirs d’hiver

...

(Cf "Je me souviens" de Pérec)

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29 janvier 2009

5/ Notule poétique

"Vivre, c'est sans cesse se désagréger et se reconstituer, changer d'état et de forme, mourir et renaître."

(auteur non connu)

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28 janvier 2009

Au détour du chemin quotidien

J'aimerais bien ...

Me trouver dans mon salon de thé préféré, au décor feutré, déguster dans le silence et la beauté de ce lieu un onctueux chocolat. Sur le rebord de la tasse reposerait ces divins biscuits, que je dégusterais lorsque la dernière goutte de chocolat aura été bue. Pour clore ce moment, pour faire tinter la fin de cette parenthèse.

Me retrouver bloquée avec lui dans un ascenseur. Je plongerais mes yeux bleus dans les siens et si nous en avons le temps je lui raconterais une belle histoire. Une histoire pour toucher son cœur, le réchauffer un peu. Je lui arracherais un sourire et peut être même un rire, j’effacerais la mélancolie qui semble avoir élue domicile en lui. Et peut être…

Me téléporter dans quelque endroit, ailleurs. Un endroit verdoyant, baigné d’une belle lumière, avec du soleil qui caresse la peau. Un endroit pour m’extraire du quotidien, laisser derrière moi préoccupations et autres questionnements. J’oublierais les petites griffures que la vie nous inflige, je ferais le vide, je rechargerais mes batteries pour repartir, pleine. Pleine de tout ce qui me manque en ce moment.

Avoir autour de moi tous mes amis. Une longue tablée comme nous en avions l’habitude autrefois. Ici des rires qui fusent, là des confidences et ici encore des emportements. Du bruit, de la vie, des souvenirs pour mieux construire l’avenir. On parlerait de ce qui nous habite, le boulot, la famille, nos petits combats aux uns et aux autres. On boirait le jus de pommes bio de l’une, on mangerait les tartes « lights » des autres…. Avec délectation.

Oui parce que…

Je voudrais retrouver le goût des autres, l’envie d’apprendre, le besoin d’entreprendre. J’ai perdu tout cela. Je ne sais pas comment, ni où, ni quand. Ce que je sais cependant, c’est qu’au détour du chemin quotidien, je me suis durablement perdue de vue...

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25 janvier 2009

Faits d'hiver

Dans la mythologie japonaise, il faut se hâter de bien remplir le mois de janvier afin que l’année soit à son image, prospère et fructueuse sur tous les plans.

En janvier :

- j’ai renoué avec des amis que je n’avais pas vu depuis longtemps. Parce que lorsqu’il ne reste pas grand chose, l’amitié est un des piliers les plus solides qui soit.

- j’ai pratiqué plus régulièrement la méditation pour m’apaiser à l’intérieur et paraître plus sereine à l’extérieur (vaste chantier !)

- j’ai fréquenté théâtre et musées

- je me suis employée à parler vrai dans mon travail comme dans ma vie personnelle, en y laissant quelques plumes néanmoins. J’ai appris que la vérité fait mal. A celui qui l’énonce, à celui qui l’entend.

- j’ai perdu quelqu’un, d’une longue maladie comme on dit pudiquement, pour ne pas dire chienne de maladie le cancer.

- mon emploi du temps s’est vu transformer en course contre le temps. Pour accueillir des demandeurs d’emploi qui ne cessent de nous arriver.

En janvier :

- les armes faisaient rage à Gaza et en Palestine, dans une relative indifférence. J’ai perdu confiance, définitivement, en ces instances internationales, en ces politiques et intellectuels, toujours prompts à donner des avis mais pas à prendre les bonnes décisions pour protéger civils et enfants. En un mot comme en cent faire régner la paix ici et ailleurs.

- la politique sarkozyste a pris un tournant gravement autoritaire. Face à cette France que l’on laisse se déliter, j’ai vainement attendu que l’opposition s’exprime, mais il n’y a plus d’opposition en France. Il y a d’un côté Martine qui se fourre le doigt dans l’œil avec son « contre programme ». Un contre programme purement abscons et irréaliste. Et de l’autre côté, Ségolène qui parade aux States et ose affirmer que l’on s’est inspiré là bas de sa propre campagne, sans rire. Cette guerre des chefaillones me fait honte. Toutes deux discréditent la place des femmes en politique, et plus encore le statut de l’opposition, ou ce qu’il en reste. Sont ils si méprisants, à tel point éloignés des réalités ces politiques, pour ne pas entendre la voix des français qui souffrent de plus en plus dans leur quotidien.

- j’étais devant ma TV lorsque Barack Obama a prêté serment devant des milliers d’Américains. Je me suis mise à espérer. Espérer à un monde meilleur. Je lui souhaite aujourd’hui d’avoir les épaules assez solides pour prendre les bonnes décisions et souffler sur le monde un vent durable d’espoir, de renouveau, de croissance.

- j’ai écouté ces responsables de banque renoncer difficilement et sans en rougir à leurs bonus annuels, en ces temps perturbés, dans le même temps qu’ils obtenaient une aide substantielle de l’Etat pour maintenir à flot leurs machines à faire du fric.

- abasourdie, j’ai contemplé dans l’hémicycle des députés qui refusaient de siéger. Des élus que j’ai ELU, pour lesquels je PAYE, qui ont un salaire 2 à 3 fois plus élevé que le mien mais qui se LEVENT et laissent leurs chaises vident alors même qu’ils devraient se BATTRE contre une politique inique qui ne cesse de creuser les différences dans ce pays.

Voilà à quoi ressemble ce mois de janvier…

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24 janvier 2009

JE mange

Je mange parce que j’ai faim

Je mange pour manger

Je mange parce que c’est l’heure

Je picore

Je mange sur le pouce

Je déguste

Je bâfre

Je mange pour déguster et découvrir

Je mange pour me sustenter et tenir le reste de la journée

Je mange pour partager un bon moment avec des personnes que j’aime

Je mange pour me remplir et me punir

Je mange seule, un repas vite fait sur mon plateau devant la télé

Je mange au travail, une longue tablée de 10 personnes au minimum, la gamelle vite avalée

Je mange avec Meilleure Amie dans des endroits feutrés et raffinés où l’on mange bien

Je mange avec les amis, tous autour de la table, nos interminables apéros dînatoires

Je mange en famille, entre mon père et ma mère

Je mange en conscience et avec raison

Je mange en totale inconscience, hors du temps et du monde, avec déraison

Et j’en souffre, très souvent….

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4/ Notule poétique du matin

"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre."

Paul Eluard

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20 janvier 2009

Le piano de mon père

Mon père avait un piano immense.

Un piano qui occupait tout l’espace, la pièce maîtresse de « l’orchestre ».

Un instrument qui avait coûté très cher et dont il prenait grand soin.

Dessus, il faisait ses gammes. Il y passait des heures, les heures de travail, les heures de répétition, les heures d’entraînement.

Il m’est arrivé parfois, d’en être jalouse. Jalouse du temps passé avec lui. L’outil. Et non avec moi. Sa fille.

Je l’ai regardé avec mépris, avec dédain, je l’ai toujours ignoré, contourné, rejeté.

Le piano de mon père produisait de drôles de sons et des odeurs aussi. Des bruits de casseroles, des bruits de plats qui venaient s’écraser en son bord.

Des marmites immenses qu’il arrivait à contenir. Des assiettes enfin, qui s’alignaient promptement dans l’attente de recevoir leurs contenants. Les odeurs enfin. Du salé, du sucré. Les deux à la fois. Les sauces de viande, la plus grande fierté de mon père, les sauces de poisson.

Des symphonies, des odes à la tambouille, à la cuisine « française ».

Mon père était un musicien de la cuisine. Un homme qui ne s’économisait en rien et surtout pas sur les quantités. Un cuisinier qui entrait en scène avec son foulard autour du cou, dans sa cuisine, son antre, qui gagnait son orchestre, avec quelques autres musiciens pour ravir son auditoire.

Un homme qui aurait rêvé d’être très grand, avec des étoiles cousues sur son habit. Mais qui "petit" a su nous jouer une bien belle musique, qui me laisse encore ici ou là des souvenirs qui je le souhaite ne me quitteront jamais. Mes madeleines à moi.

Lorsqu’il n’a plus été possible de jouer, mon père a cédé son instrument, avec une émotion que je ne lui avais pas vue jusqu’alors. Il l’a vendu à un jeune homme qui commençait dans le métier.

Comme une façon de transmettre son instrument pour qu’un autre grandisse avec lui et à son tour joue pour d’autres auditeurs, d’autres goûteurs des saveurs et des sons de la table.

Aujourd’hui, parfois, il nous joue une autre musique sur un instrument plus petit. Qui pour lui n’aura jamais la qualité de « l’autre ». Le seul, l’unique.

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19 janvier 2009

3/ Notule poétique du soir

"On se toucherait bien, mais on n'arrive qu'à se donner des coups."

Jean Luc Godard

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18 janvier 2009

Défilés d'idées

Faut il absolument s’exprimer sur l’actualité ?

Est il nécessaire d’exposer ses idées au risque qu’elles soient désordonnées et donc improductives ?

Faut il être pour ou contre ?

Faut il soutenir les uns aux détriments des autres ?

Je ne sais pas.

Je suis pour les étudiants tunisiens qui se sont fait tabasser, je suis pour les occupants d’une synagogue à laquelle on a mis le feu.

Je suis pour les civils de Gaza et d’Israël.

Je suis pour la PAIX.

C’est tout ce que je sais. C’est facile à écrire, c’est facile à dire. Bien sûr.

Mais est il nécessaire ici en France, d’hurler avec les loups, de s’insulter par site interposé ?

En quoi cela fait il avancer une quelconque cause ?

Est il nécessaire de faire de ce conflit politique là bas, un conflit communautaire et obscurantiste ici.

L’histoire ne se réécrit pas. A nous seulement d’agir en bonne intelligence, à nous de faire de ce monde un monde plus juste. Pour nous, nos enfants, d’ici et d’ailleurs.

Voilà ce que je peux te répondre ici et maintenant mon Michel.

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17 janvier 2009

Daniel

Le rideau immense, dévore la scène.

Un rideau sur lequel figurent deux cœurs dessinés à l’encre de couleur.

Dans la salle, une vague à taille humaine, des bruissements, des chuchotements, des rires.

Et pour tous l’attente, celle de vous voir arriver.

Sur scène 2 acteurs.

Devant le rideau.

Lui et vous.

Vous qui semblez si petit et cependant si grand. La grandeur du talent, de la présence, de la force au service du texte, la belle énergie communicative.

Dans la salle, des spectateurs.

Moi.

Je me laisse happer tant par votre interprétation que par le rythme qui me tient en haleine et en même temps et malgré moi défilent devant mes yeux les images des films que j’ai vus et dans lesquels vous figurez. Je vous dévore des yeux, je suis suspendue au texte. Le texte si savoureux et si actuel de Molière.

Sur scène.

Les autres et vous.

Il y a sur votre visage une joie que l’on sent non feinte à interpréter ce texte, j’ai l’impression que vous vous amusez, comme un enfant dans une cour de récréation. Avec ses camarades, avec ses jouets. Cette scène qui bouge, c’est un artifice, surprenant, divertissant. Vous gesticulez, vous déclamez, vous êtes drôle. Tendrement drôle.

Dans la salle à l’issue des 2 h 40 de spectacle, de cette performance, comme une ferveur. Celle des applaudissements en cascade d’un public tout acquis.

Et moi.

L’émotion qui monte et me gagne doucement. A quoi tient elle, à quoi est elle due ? Le jeu, la présence, le bonheur d’être là, de vous avoir vu en vrai ? Je ne sais pas.

Ce soir, il y avait vous sur la scène et moi dans la salle.

Merci Daniel Auteuil pour cet inoubliable moment.

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