28 novembre 2008
Une Boutinerie (de plus)
Chaque année, en hiver, il fait froid, parfois il neige. Et des SDF meurent.
Qui sont-ils ?
Des FEMMES et des HOMMES. Des êtres humains.
Sans doute est-ce la période de l’année qui nous rend ces nouvelles intolérables. Mais les SDF, comme les autres HOMMES ne meurent pas qu’en hiver.
Qui sont ils ?
Des PERSONNES en rupture, des salariés précaires, des malades, des jeunes, des vieux, des sans papiers, des étrangers qui ont vu leurs rêves s’écraser aux frontières de la douce France.
Ils sont seuls, parfois en couple, parfois en groupe, parfois avec leurs animaux-compagnons. Pourquoi ne vont ils pas tous en foyer, pourquoi « préfèrent »-ils la rue ?
A cause de la violence Mme Boutin.
La violence des foyers. Où l’on vole, on l’on se met sur la gueule pour 3 fois rien dans votre monde. Une clope, un café, un lit propre. La violence de l’intérieur.
Des foyers où les couples sont souvent séparés, où les chiens ne sont pas acceptés, où l’on mixe des populations très différentes et pour lesquelles la cohabitation peut s’avérer des plus difficiles.
Les foyers Mme Boutin, ne permettent pas de se poser, de souffler, de se refaire une petite santé. Ils hébergent, pour une nuit, parfois deux ou plus et faute de moyens vous rejettent dans la gueule de la rue.
Pour qui a mis les pieds dans ce type de foyer, qui a respiré quelques instants seulement cet air là, c’est un vrai coup de pied dans le plexus solaire.
Les foyers ne sont pas une solution.
Qui êtes vous Mme Boutin, pour priver une personne de son DROIT de rester dans la rue si elle le souhaite ? qui êtes vous pour priver une personne de son DROIT à disposer d’elle même ? qui êtes vous pour décréter que des personnes n’ont aucune lucidité pour décider d’elles-mêmes ?
Comme elles sont gênantes ces morts. Elles nous font honte, elles renvoient de notre société une image crasseuse.
Mais plus encore, ce qui est affligeant Mme, c’est votre posture. Votre incapacité à prendre les bonnes décisions. A vous mettre en lien avec des personnes de TERRAIN, à prendre en compte les besoins, les manques, les incohérences. Car ils sont nombreux.
Comme il est facile de s’intéresser aux SDF dans les périodes hivernales.
Que faites vous le reste de l’année, pour traiter des bonnes questions ?
Moyens financiers pour créer des structures d’accueil adaptées.
Moyens financiers pour former et recruter des personnes de terrain.
Moyens pour accompagner les personnes vers l’emploi, sur la santé, le logement.
Le LOGEMENT Mme Boutin !!!!
Que faites vous pour faire avancer la GRAVE question du logement en France ?!
Les SDF, Mme, nous parle de nous, de notre société, de ce que nous en avons fait.
Et nous n’avons pas de quoi en être fiers…
26 novembre 2008
Des voix
J’avais tout prévu, tout imaginé dans ma tête.
Rester chez moi, au chaud. Tenter de dormir tard, lire, commencer mes cartes de Noël. Prendre du temps pour moi, loin du bruit.
Mais les événements prennent rarement la tournure que je souhaite.
Je vous explique :
Je suis proche de l’aphonie, je suis en train de perdre ma voix. Je m’exprime avec un mince filet, qui vient de loin.
Malgré cela, mon médecin ne m’a pas signé un arrêt de travail. Prise de la tension, pesage, liste d’antibiotiques et hop ! Je suis loin d’en abuser pourtant. Mais elle me trouve « opérationnelle ». Lorsqu’elle l’a dit, je n’ai pas insisté. En effet, je suis opérationnelle.
A l’exception près que la voix est l’un de mes (principaux) outils de travail. Lorsque je ne suis pas en face à face, je suis pendue au téléphone. Je voulais du silence… Il s’impose à moi de façon inattendue.
Face à ce silence, différents types de réactions.
Les personnes que je connais bien et avec lesquelles je travaille depuis quelques temps, me dressent le compte rendu de leur semaine écoulée et les démarches entreprises, puisque la plupart du temps c’est ainsi que je fonctionne. Les bavards en profitent, certains même noient le poisson.
Les timides qui voudraient bien mais qui ne peuvent point. Je fais alors des phrases courtes, je tente d’aller à ce que je crois être l’essentiel.
Et puis il y aune petite partie de personne pour lesquelles cela semble vraiment difficile. Pensent-elles que parce que je parle peu, je ne suis pas capable d’écouter ? Elles ont besoin d’être rassurées, d’avoir des conseils et mon économie de mots semble les gêner.
Chacun agit et réagit différemment avec le silence. Pourtant, il se passe beaucoup de choses dans le silence et même, il se dit des choses. J’aime observer ces moments. Ce qui se joue alors dans le regard, la posture prise par le corps et ce que l’on met en place pour déjouer ce vide. On sourit, on se gratte, on farfouille dans son sac, on soupire. Le silence, parle de nous de qui nous sommes, de ce que nous mettons dans la relation à l’autre.
Le silence comme une révélation…
25 novembre 2008
"Eteins la lumière, montre moi ton côté sombre"
Je lui demande d’éteindre la lumière.
Les néons sont trop forts pour ma vue.
Il me demande alors si c’est pour que nous fassions l’amour dans le noir.
Blanc.
Il s’excuse.
« Dommage qu’une femme comme toi soit seule ».
Dommage, femme comme moi…
Est ce qu’il veut dire qu’il est dommage qu’un homme comme lui soit marié ?
24 novembre 2008
La pression
Avec mes suivis
Qu’ils se sentent accueillis, écoutés, entendus
Qu’ils retrouvent rapidement le chemin de la confiance et de l’emploi
Avec mes collègues
Montrer que je suis digne de confiance
Que je travaille bien, en toute circonstance
Que je suis fiable
Que l’on peut compter sur moi
Que j’accompagne consciencieusement mes publics
Avec mes parents
Que je suis une Bonne fille, reconnaissante, aimante
Que j’ai réussi, sinon ma vie personnelle au moins ma vie professionnelle
Montrer que je suis là, présente, à l’écoute
Avec « l’autre » famille
Que je suis une Bonne fille, reconnaissante, aimante
Que j’ai réussi, sinon ma vie personnelle au moins ma vie professionnelle
Montrer que je suis là, présente, à l’écoute
Avec mes amis
Que l’on peut compter sur moi
Que ma porte est toujours ouverte
Que je suis à l’écoute, bienveillante, sans jugement
Sur le blog
Etre drôle, spirituelle même
Ecrire au plus près de mes sentiments
Ne pas tricher, restituer ma vérité
Avec mon corps
Ne pas regrossir
Qu’il se raccroche au tout, qu’enfin la cohabitation soit sereine et tranquille
Avec des Ils improbables
Montrer que je suis drôle, spirituelle, intelligente, douce, compréhensive
Bref, digne d’amour…
Un cercle sans fin ?
23 novembre 2008
Veni Vidi Vici
D’abord, il y a eu un signe (et j’y crois énoooormément aux signes !).
Dans la voiture qui me conduisait à la gare, la chanson de Marc Lavoine « Paris ».
Hein, que c’est un vrai signe ?!
Puis des messages d’encouragements et enfin de souhaits de bons week end.
Ouaip, Paris, c’est un peu mon Himalaya à moi…
Dans le train, je me suis retrouvée à côté d’une bimbo. Je vous la décrit vite fait : 22 ans, un corps de rêve, des cheveux noirs, de soie, une robe (très courte) du plus bel effet et des bottes que j’ai estimé à vue de nez à 190 euros (nan suis pas jalouse, je constate, c’est tout).
Evidemment, la bimbo a un téléphone portable (greffé à l’oreille) avec un kiki qui pendouille dessus en forme de chat et comme la bimbo est connue, son téléphone ne cesse de sonner. Ce qui a donné pendant près de 20 min ceci « Je suis dans le train,hi hi, bla bla bli, hi hi, je te laisse bisous bisous ». Juste énervant quoi. Mais ceci n’a nullement entamé mon positivisme.
Le voyage aller comme retour s’est passé sans encombre et surtout, le RER, je l’ai pas pris. Non. On a pris soin de moi et de mon agoraphobie, on a tout fait en voiture. Une chance inouïe hein, je sais. Conduire dans Paris, c’est prendre une grande claque dans son provincialisme, un choc des cultures.
Je ne vais pas vous décrire dans le détail ce week end express. Juste quelques mots : Picasso, Gainsbourg, Ladurée, les Champs, la parade militaire, le Grand Palais illuminé, la Tour Eiffel drapée de bleu, le marché de Noël, le chocolat chaud à 5 euros… Et des réminiscences.
J’ai 5 ans.
Pour la première fois, je pars en voyage. C’est Paris. Peu de souvenirs, sinon cette main que je ne quitte pas dans le RER « pour ne pas se perdre » et la poupée que je presse fort contre mon cœur pour ne pas me la faire voler. La diversité de la population que je ne connais pas dans ma ville.
J’ai 12 ans.
Et jusqu’à mes 16 ans, je passe quelques jours d’été chez ma « cousine de Paris ». Des vacances de filles, des vacances loin des parents où tout est permis. Grâce à elle, je découvre tout ce qu’il faut connaître de la capitale et de ses grands monuments. Je me perds à Versailles, je m’esquinte les pieds à monter les marches de la Tour Eiffel, je fais la queue 2 heures durant au Grand Palais pour une exposition Gauguin, je suis prise en sandwich par une horde de japonais devant la Pyramide du Louvre, je m’émerveille devant des danseurs à Beaubourg.
Avec elle, j’écris de merveilleux souvenirs de vacances. Je découvre une autre réalité, je me frotte à ce que j’ai tant de fois lu dans les livres. Je lève sur cette ville des yeux enchantés, je me colle des étoiles dans les yeux tant j’aime la proximité avec ces monuments, avec l’histoire de Paris. Je regarde tout cela avec les mêmes yeux que lorsque j’avais 5 ans. Un festival merveilleux.
J’ai 18 ans.
Première vacances de copines. Je suis invitée à passer une semaine chez la tante d’une amie. Un appartement énormissime, avec vue sur la Tour Eiffel. Le soir, notre dîner est commandé chez Fauchon et je trempe mes lèvres dans un champagne dont je me souviens encore. Nous parcourons des kilomètres et des kilomètres, à pieds. Un couscous à Barbès, le Père Lachaise, L’Institut du Monde Arabe… Un souffle de liberté. Le premier vrai.
Aujourd’hui, j’ai 33 ans.
Cette ville n’est plus aussi électrique à mes yeux. Je n’éprouve plus cette attraction d’alors. Les monuments sont là, magnifiques, omniprésents. Ils me rappellent une histoire, un statut, un esprit, une musique. La vie parisienne. Mais je ne supporte plus cette urgence de la vie à Paris, elle m’exaspère.
Une urgence à vivre probablement. A la gare, vite se lever pour se préparer à sauter hors du train (au moins 15 min avant), vite sortir, quitte à marcher ou bousculer les autres, vite prendre un RER. Et puis, marcher vite, conduire vite, piquer la place à la caisse pour payer vite, lire vite les panneaux des expositions et passer devant les autres encore une fois sans s’en excuser. Ces touristes aussi, qui mitraillent tout ce qu’ils voient, me tapent sur les nerfs,. Comme pour prouver qu’ils y étaient, pour ramener un trophée ou une preuve, pour montrer qu’en dehors de la vie, on a une autre vie.
Je ne ramène donc aucun trophée, sinon de nouveaux souvenirs et des pensées. Et espère bientôt gravir d’autres Himalaya
20 novembre 2008
Revue de semaine : yes, I can
Lundi : le grand moment (de solitude)
Je suis la première de l'équipe a présenté mon bilan d'année. L’objectif de la réunion est la relecture, la critique pour ensuite intégrer cette partie à un tout qui sera présenté tant aux élus qu’à nos financeurs. Il nous faut être justes, précis, concis. Expliquer, justifier, faire remonter, comparer, diagnostiquer, anticiper, proposer. Un drôle d’exercice que celui ci. Je n’aime pas ces moments où l’on est offert aux yeux de tous. Ou l’on est seul, pour lire ses chiffres (donc ses résultats), pour justifier de choix, de partis pris. Voilà ce qui nous attend dans les prochains mois. Des explications à n’en plus finir. Pour ne pas perdre des postes, des financements, pour décrocher des subventions, pour monter des projets. Mais surtout, pour faire entendre des voix, qui très probablement, cette année encore, ne seront pas entendues.
Yes, I can
Mardi : le jour du renoncement, le jour de la constellation
Finalement, je renonce à mon BCA. Plus une fuite qu’une solution. J’ai décidé d’affronter mes démons, de les regarder en face et de me mettre en recherche de formation, pour continuer à évoluer (même si nos salaires nous renvoient à une certaine précarité).
C’est mon RDV de quinzaine, avec elle. Elle me demande de retracer mon parcours. De la naissance à aujourd’hui. Physiquement sur des cases. Naissance, 15 jours, 5 ans, 10 ans, 12 ans, 15 ans, 19 ans. Des étapes, des tranches de vie, des visages. Mon histoire.
Yes, I did
Mercredi : 3 hommes
Le mercredi, mon jour des rendez vous, non stop. Cette semaine, le jour des rencontres. Le jour qui me fait dire, dans cette année terne et peu enthousiasmante, que ce métier a du sens. Le sens que je lui donne, le sens du lien qui se tisse avec les personnes que j'accueille et accompagne. Ce jour là, en particulier 3 hommes.
Un yougoslave. Il est en France parce qu’en « France travail ». En France « pas de guerre, manger tous les jours, pas la peur ». Il bargouine 3 mots de français. Il a 54 ans, a quitté son pays à la suite de l’explosion de son entreprise. Il rêve d’être électricien… Un rêve seulement. Je lui demande comment se prononce son nom. Le nom, ce qui relie encore au racine lorsque l’on a tout perdu. Il m’explique et puis me dit que dans son pays mon nom à moi ne se prononce pas de cette façon, « français, très difficile, pas logique ». Je lui dit que mon nom a une explication, un sens. Il en déduit que je suis une « femme solide ». Et rit…
Un jeune diplômé, plus si jeune... Il se pose, droit sur la chaise, le regard franc, direct. Je lui explique comment je travaille, ce que je peux proposer en terme de services «de toutes façons, vous proposez tous la même chose ». Je lui demande quel est son principal trait de caractère : « La confiance ». Et puis nous lisons le Cv ensemble. Une faille, puis une autre, encore une autre. Je m’engouffre, je creuse, je ne lâche pas le morceau. Et doucement, il commence à s’affaisser sur sa chaise. Les explications ne sont pas claires, fuyantes. Je poursuis, jusqu’à la tirade finale. Ma préférée, sur la confiance, celle qui achève. Il écoute patiemment, puis lâche enfin le morceau : le handicap. Le sien, celui qui pousse à surjouer, à montrer qui on n'est pas.
Ces patrons qui demandent s’ils auront des subventions en prenant un handicapé, les cases dans lesquelles il faut rentrer « les catégories ». Et le regard soupçonneux des collègues. La question qu’ils ne posent pas, qu’ils gardent pour eux mais qui est criante à bien des égards « il est où son handicap, c’est grave, il est vraiment capable de bosser comme un autre ? ». La confiance en l’autre pour déposer ce qui blesse, ce qui empêche d’avancer.
Le dernier enfin. Plusieurs mois à nous voir tous les 15 jours, à le pousser, à l’encourager, à l’engueuler parfois aussi. Puis, ce poste arrive, un contrat en insertion, certes, mais un contrat quand même. Au bout de 15 jours, il vient me voir, se pose dans mon bureau : « Chef, je lâche ». Je me retiens à ma chaise dans un premier temps, il attend ma réaction, scrute ma mine déconfite et lâche son gros rire « je vous charrie, c’est pour déconner ». Et en ce mercredi, il me fait appeler, à l’accueil. Dans ses mains, une grosse boite de chocolat. Je refuse mollement (ben quoi, des chocolats ?!!!) : « Allez, pas de chichis, prends ça Chef ». Il les pose, gêné, et s’en va.
Yes, WE did
Jeudi : l’épreuve du feu
Recrutement collectif pour une grosse société qui ne cesse de s’agrandir. C’est mon gros recrutement. Mené seule de bout en bout avec le chef d’entreprise. 2 recrutements à la clef. Quand après cette folle journée il m’envoie un message, pour me remercier du travail accompli, comme une fierté, là dans le ventre. Une petite victoire.
Et ce soir, la décision. Aller à Paris, affronter le monde, le froid, mes peurs, mes envies.
Yes …
18 novembre 2008
Revoir Paris
Entrainement physique intensif
Préparation psychologique
Coaching (merci Peebee)
Communication large (amis, famille, services de police)
Et ?
Et !
Ben à la SNCF, pour MON voyage à Paris,y m'ont foutu la grève !!!
Si je suis pas maudite là vraiment...
16 novembre 2008
Les strates de l'être
J’en prends soin, je m’en occupe et même je fais des efforts pour lui. Je lui fais prendre du bon air, je lui fais faire de l’exercice, je le masse, je lui parle, je le nourris (trop) bien, je l’habille avec goût (enfin je crois). Bref, je le considère.
Mais rien à faire.
Mon corps me lâche.
Mes jambes ont du mal à avancer, à me porter. Après les migraines ophtalmiques récurrentes, je suis aujourd’hui victime d’autres petits maux qui viennent me visiter et me tracasser dans le quotidien. Mon sommeil est revenu, certes, mais il n’est pas encore très réparateur. Lorsque je suis allée voir mon médecin, celle ci n’a pas trouvé bon de m’arrêter quelques jours, sous le prétexte (critiquable) que ma « tension est bonne ». Mouais.
Sans doute mon corps veut il me faire passer un message, me dire quelque chose ? Mais je n’arrive pas à savoir quoi. Il y a de la déperdition d’informations entre le haut et le bas. Des éléments qui m’échappent. Alors, c’est quoi le problème ? Y a un truc que j’ai raté, pas compris ? Non parce qu’il faut me dire, je suis toute disposée à écouter, à m’arrêter et prendre le temps de regarder. Si c’est pas de la bonne volonté ça, c’est vrai merde !
Et puis je regrossis. C’est pas anodin ça comme info. Parce que quand je me remets à manger, ben c’est pas très bon signe. Mais là encore le signe, je le décrypte pas. Pourtant, c’est pas faute d’avoir emprunter tous les modes de lecture. Ces phases, que je connais trop bien, me font peur.
La peur du retour dans le passé, le passé de quand j’étais « grosse ». Les fringues dans lesquelles on ne rentre plus, les regards, les petites remarques, l’estime de soi qu’on perd à nouveau. Tous ces éléments qui ne rendent pas très fière. Evidemment, je me mets une pression monstre, qui vire à l’obsession. Pour ne pas trop manger, pour ne pas regrossir, pour être tout ce qu’on me demande d’être et que je ne suis peut être pas forcément au fond.
J’ai repris le combat. Un combat de tous les jours afin de tenter de relier le haut et le bas. Ces deux éléments sensés cohabiter en harmonie, former un tout.
Difficile pourtant, de faire cesser le perpétuel bruit intérieur, de se retirer un peu du théâtre de la vie…
15 novembre 2008
J'aime pas
Les cadeaux surprises
Attention hein, pas tous les cadeaux.
Les plantes par exemple. J’aime pas. Ma maison en est pleine. Des plantes offertes par môman, cherchez l’erreur...
Les livres. Si, parce que pour les livres, je me fais des listes de livres repérés à acheter. Et j’aime pas trop déroger des listes.
Le vin. Je ne bois que du blanc ou du champagne. Je sais ça limite… Mais y en a toujours pour ramener du rouge « qui va avec tout ».
Ou encore sous prétexte que j’aime les pâtisseries, des trucs qui dégoulinent de crème. Je supporte pas la crème, ça me rend malade.
MAIS, j’aime les chèques cadeaux, les invitations au resto ou au ciné.
Mais si je peux choisir le resto… ben c’est mieux. Parce que je ne mange pas de tout. Et pour le ciné, j’aime pas les trucs qui font peur. Quoi je suis compliquée ? Autant faire plaisir du premier coup non ?!
L’improvisation
Ca me fait pas rire et même ça me met mal à l’aise. J’ai besoin de caler les choses et les évènements très longtemps à l’avance sur mon agenda. C’est pour avoir une vision globale et rassurante. Comme ça je me prépare, je repère avant pour les rendez vous. Et quand c'est passé, je mets des croix, ou je barre.
Les gens en retard
Ceux qui arrivent la bouche en cœur « pardon, le train, pardon nani nanna », z’ont toujours une bonne excuse. Z’avez qu’à partir avant. Souvent en plus, ils font chier. Ils font du bruit pour s’asseoir, pour choisir la bonne chaise (qu’ils tirent mais ne soulèvent pas), poser leurs affaires. Ils posent des questions à la con, forcément, ils ont raté le début et ils obligent à répéter.
Des fois même, y a des petits rigolos, qui ont le temps d’aller prendre un café à la machine avant d’entrer dans une réunion qui a commencé depuis plus de 10 minutes et pour laquelle TOUT le monde était à l’heure. Le pire du pire, ce sont ceux qui se relèvent. Parce qu’au fond de la salle, y a une place à côté de la copine ou du copain. Trop bien…
Le pop corn au cinéma
Oui, je l’ai déjà dit… Mais là, j’ai failli perpétrer un meurtre, en direct live. Parfaitement. Parce que si je vais au ciné, moi, c’est pour apprécier un film, une histoire, des acteurs, sur grand écran. Hors de chez moi. Aller voir un film au cinéma, c’est aussi, dans une certaine mesure contribuer à ce que le film français (et autre d’ailleurs) vive.
Alors, quand des abrutis (ouaip y a pas d’autres mots pour qualifier le genre), viennent s’avachir à côté de moi, plonger sans arrêt les mains dans un géantissime paquet de pop corn, et mâchouiller la bouche ouverte (déjà bouche fermée, c’est un bruit énoooorme), ben c’est simple, j’ai envie de sortir les armes. Parce que le cinéma, c’est pas la maison. Si tu veux le ciné comme à la maison, tu vas t’acheter ton home cinéma, tu vas te faire cuire tes pop corn et regarder le film que tu veux, avachi, les pieds sur ton canapé. MAIS TU FAIS PAS CHIER, MERDE !!!!
Ca sent le vécu hein ? Normal !
Le premier qui ose dire que je suis psycho rigide : DEHORS
14 novembre 2008
J’écrirai des lettres
Sur une douce musique, avec ma plus belle plume, sur un papier élégant, un papier qui traverse le temps
Des lettres pour dire, avant qu’il ne soit trop tard…
J’écrirai des lettes incendiaires sur un papier rouge inflammable. Pour me débarrasser de mes souffrances, de mes colères. Dans un premier temps, j’écrirai à mon père. Ce père fantôme, ce père silencieux. Je lui demanderai pourquoi. Pourquoi l’absence, pourquoi l’indifférence, pourquoi si peu de gestes, si peu de mots. Je lui crierai l’absence, le manque. Et puis les reproches, ceux d’avoir fait de moi cette enfant dans l’attente de la reconnaissance de son père, cette femme dans l’attente d’un amour peut être absolu…
Ensuite j’attaquerai avec des mots fielleux. Pour faire mal, pour atteindre, pour régler mes comptes. Ils s’adresseront à ma grand mère. Et je garderai pour moi, le secret espoir que ces mots seront assez violents, pour la tuer un peu.
Il y aura des lettres douces. Pour déclamer de l’amour, de l’amitié.
La lettre d’amitié sera pour lui. Parce que chaque jour je le découvre un peu plus. Une personne si lumineuse, qui donne autant, est un cadeau. Il m’apaise, sa présence me fait du bien. Il a cette capacité d’écoute, d’empathie que je trouve assez rare chez un homme. Il me fait rire, infiniment et j’aime sa façon de prendre soin de moi. Pour tout ça, je lui écrirais que la rencontre avec lui est une belle surprise et que l’aventure, je le souhaite, ne s’arrêtera pas là. Elle sera une lettre solaire, à son image. Une lettre pour rire, une lettre pour partager.
Je remercierai ensuite.
3 personnes en particulier. 2 enseignantes de lettres. Deux femmes inspirées, passionnées, habitées qui m’ont fait découvrir la littérature avec un grand L. Grâce à elles, j’ai rencontré Duras, Sartre, Hemingway, des musiques écrites. De vrais chocs affectifs, des émotions fortes, inoubliables que je garde serrés là bien fort. De l’ineffable, qui vous accompagne sur le chemin, vous rend plus fort, plus beau, plus grand. Sur des feuilles doubles à gros carreaux.
Je remercierai aussi cet homme que j’ai connu lors de ma recherche d’emploi. Un collègue à présent. Une personne qui, lorsque j’étais au plus bas, lorsque je n’y croyais plus a su trouver les mots. Pour me redonner confiance, pour me secouer, pour remonter la pente et me pousser à croire en mon projet. J’ai rêvé être lui. Cette personne capable d’insuffler le meilleur pour transcender l’autre. Aujourd’hui, bien sûr, il n’est pas un collègue comme les autres. Je le regarde avec déférence et je garde entre nous, une distance respectueuse. Je lui écrirai sur une carte postale représentant le grand nord…
Sur un papier à en-tête, je m’indignerai.
Pour s’indigner, quoi de mieux que d’interpeller les « grands » de ce monde. J’ai déjà écrit à Nicolito. Cette fois, peut être, j’adresserai une longue missive à Carla. Je lui parlerai de mon coeur. Qui a toujours penché à gauche. Pas la gauche caviar. La gauche d’en bas, la gauche de terrain. Je lui dresserais le portrait de 2 ou 3 personnes du peuple. Celles qui se lèvent le matin pour des clopinettes et qui doivent dormir dans leur voiture. Je lui parlerais de quelques mères de famille, qui élèvent seules leurs enfants au prix de nombreux sacrifices. Quoi encore ? Mais tant et tant de choses !!! Illettrisme, sans papiers, réfugiés, violences conjugales, maladies psychiques… Et je l’inviterai à venir voir tout ça de plus près.
Pour renouer. Avec une personne en particulier. Parce que nos conversations téléphoniques du vendredi soir me manquent infiniment. Des blablatages pour prendre du recul, relâcher la pression, se moquer, espérer, construire ou tout démonter. Parce que ces échanges m’étaient précieux, parce que cette absence là, laisse un vide béant. Grâce au sms peut être.
Pour déposer. Un vœu.
Sur un petit papier bleu, un papier d’espoir, un papier de chimère, que je laisserai s’envoler…