28 octobre 2008
Mise en veille
Suis très occupée.
Voui.
Prise par des chiffres. Parfaitement.
LE rapport d'activités même. Ce truc, c'est comme les cadeaux de Noël, on commence à y penser en octobre (voire fin septembre) pour fin décembre (voire début janvier).
Je m'acclimate avec un vocabulaire quelque peu barbare : résultats attendus, résultats réels, objectifs stratétiques et opérationnels, budget prévisionnel, perspectives (j'aime ce terme là !).
Rien qu'à écrire ça fait mal pour l'autiste des chiffres que je suis.
On m'a confié la lourde tâche de potasser DES rapports d'activités pour que je donne le ton au nôtre. C'est pas beau ça ? Maintenant demandez moi ce que vous voulez sur la question je suis (presque) incollable. Incollable aussi, pour enrober le négatif et mettre en avant lepositif. D'ailleurs si y avait un diplôme en présentation de rapports d'activité, je pense que je serais preums de la promo sans (trop) me fatiguer.
Si c'est vrai ! Non je me la raconte pas !!!
Bref, je disais, je suis prise par des chiffres donc. Par mon programme de bilan professionnel qui me demande investissement personnel et réflexion à la maison (et quelques remises en question aussi), par mes petites activités hebdomadaires, mes weeks ends chargés et par un IL...
Bref, de quoi me mettre en veille quelques temps.
Je vous envoie de douces pensées et vous dit à tout bientoooooooooo
:))
27 octobre 2008
A Michel
Parce que tes billets réveillent le coeur, l'âme, vont farfouiller loin, dans les tripes.
Parce que je me sens souvent si proche de ce que tu écris :
"Etre asocial, c'est être"
R.Gary
Des bises, cher Michel
26 octobre 2008
Le mot du dimanche
Tu m’as demandé de t’écrire.
Enfin c’est ce que j’ai cru comprendre.
Pour trouver mon message à ton retour.
J’ai décidé de le faire ici. De ma bulle, de ma coquille, de mon antre. Cet endroit qui me ressemble si parfaitement. Ce lieu qui est moi.
D’ici, je fuis le bruit, le bruit qui se cache ou se montre en tous lieux. Dans la rue, au bureau, dans la voiture. Dans ma tête et mon cœur parfois.
Il est probablement là mon côté impudique, exposer tout haut, aux yeux des autres ce que je ressens tout bas.
J’ai réfléchi longtemps à ce que je pourrais écrire. Quelque chose de drôle, de léger. Mais en ce moment, il me semble que la source est tarie, que rien d’intéressant ne sort. Ni les mots, ni les ressentis. C’est triste, un peu terne.
Je t’aurais parlé d’une ou deux choses pour partager.
D’abord, de cette carte que j’ai tiré à la fin de mon cours de méditation (oui c’est un jeu que j’adore et auquel on se prête à chaque fin de séance). Dessus, il y a avait écrit « patience », accompagné du texte suivant « Laisse mûrir le fruit de tes actions, avec la certitude que chaque chose arrive en son temps ». Patience, c’est un truc (une qualité ? une vertu ?) dont je suis totalement dépourvue. Bizarrement, ça m’a renvoyée à tes mots à toi « Prendre le temps ». Et ça m’a fait sourire.
Puis, j’aurais relu cette journée, celle d’avant week end. Parallèle à la tienne. Avec tout ce qu’elle a engendré chez moi. De la culpabilité et des questionnements. Encore. La culpabilité de me dire que je ne fais pas assez bien pour « mes » publics, de ne pas toujours savoir trouver les mots, de me sentir moins engagée que mes collègues. Oui, je suis définitivement comme ça. Je cultive la perpétuelle insatisfaction, peut être même un peu d’auto flagellation. Le questionnement enfin. Faut-il toujours souffrir pour « faire social », n’y a t il pas ces moments, comme ceux que tu sembles vivre, d’exaltation, de contentement, de bonheur à être à ce que l’on fait. Parfois, j’ai l’impression d’avoir oublié.
Ensuite, j’ai repensé à cette femme. Qui n’a trouvé que moi pour exposer l’objet de sa colère, qui avait un besoin impérieux de faire passer son message de détresse. Avec ses mots à elle. Ceux de l’accusation et encore de la culpabilisation….
Enfin, j’ai réfléchi à LA photo. A la photo idéale pour moi, celle sur laquelle je me reconnaîtrais. Ce serait une photo à la montagne. Celle que j’aime. Prise pas trop près, avec ce merveilleux décor derrière moi. Juste parce que la montagne, je l’ai gravie plusieurs fois. Physiquement et autrement… Et puis il y en aurait une autre sûrement que j’aimerais faire. Une au milieu « des miens » pour qu’il me reste une trace de nous.
Voilà en substance ce que je t’aurais écrit.
Et toi ?
Tag musical
C'est MADmoiselle qui m'encourage à chercher des chansonnettes
La règle
5 chansons aimées et une sixième qui doit être une chanson d'amour.
Je me jette sans trop réfléchir
Desire : U2
Under the Bridge : Red Hot Chili Peppers
True Colors : Cindy Lauper
L'Homme pressé : Noir Désir
Somewhere over the rainbow (heu sais pas qui c'est qui chante ?)
Je suis venu te dire que je m'en vais : Gainsbourg
Si certains d'entre vous souhaitent se prêter au jeu et partager ici leurs morceaux préférés : c'est AVEC PLAISIR :))
24 octobre 2008
Verbe haut
15 h 45
Presque plus personne dans les bureaux, nous fermons dans 15 min.
On m’appelle à l’accueil.
ELLE veut me voir.
Je fais le choix de ne pas la recevoir dans mon bureau, de ne pas la faire asseoir, mais d’échanger dans cet espace vide. Le dernier poste pour lequel elle a eu un entretien, n’a encore pas marché.
Elle est acculée. Elle veut travailler, je DOIS lui trouver RAPIDEMENT un travail.
Elle s’approche près, parle plus fort, les yeux se font menaçants, elle transpire.
Je me recule un peu, maintient mon regard dans le sien.
Je reformule, je dis que je comprends la colère, que je l’entends. J’explique le cadre de mon travail, les nombreuses mises en relation avec des employeurs, qui effectivement n’ont pas retenu sa candidature.
Je tente d’expliquer les paramètres, un secteur plus calme ces derniers mois, le fait qu’elle n’ait pas le permis, son âge aussi qui peut être un frein.
Dans ma tête le tourbillon. Celui de lui faire entendre que je prends en compte sa colère que je ne la minimise pas et la volonté d’interrompre cette litanie injuste et injustifiée à mes yeux (parce que putain, je l’ai fait mon boulot).
Une petite colère, trois fois rien au fond. Qui m’a ramenée très concrètement là sur terre, qui me fait un peu mal et qui j’en fais l’aveu m’exaspère aussi…
22 octobre 2008
Notule poétique (du mercredi soir)
"Il faut retenir son coeur, car si on le laisse aller, combien vite alors on perdrait la tête"
Nietzsche
20 octobre 2008
Mise en JE
Je suis une femme de 33 ans.
Je suis le fruit d’un amour consensuel. Mes parents m’ont chacun donné un prénom, qu’ils ont choisi d’accoler l’un à l’autre.
Je suis l’alliance de deux familles que tout oppose. Les valeurs, les aspirations, les croyances…
Je suis la fille unique de mes parents, élevée par une famille étrangère.
Je suis française née dans une grande ville, habitant à la campagne, travaillant en quartier dit difficile.
Je suis athée, ou agnostique, influencée par les modes de penser et d’agir des religions catholique et protestante.
Je suis une fervente défenseure de la laïcité et imprégnée de valeurs qui me sont chères telles que l’humanité, la liberté, l’égalité et la fraternité.
Je suis conseillère emploi dans une structure d’accompagnement vers l’emploi.
Je suis une amie, que j’espère fidèle et à l’écoute, au soutien inconditionnel.
Je suis célibataire avec des envies fortes de chéridoux à se mettre sur le coeur et d’autres sucreries dans le genre (…).
Je suis la confusion et la clairvoyance, la colère et la paix, la timidité et l’impudeur, je suis le silence et le bruit, l’amour et la haine, l’organisation et le désordre, le professionnalisme et l’amateurisme, la joie et la peine, l’ombre et la lumière…
Je suis aussi Cloudy, qui écrit de sa vie, de son quotidien. Ici.
19 octobre 2008
Revue de semaine : des fleurs et une valise
Des fleurs pour remercier
Lundi
Nous sommes en formation. Une formation qui, sur le mode de la légèreté, nous pousse dans nos retranchements, nous amène à aller loin ensemble. Le tirage au sort fait que je tombe dans un groupe de travail pour le moins inattendu. Quelle merveilleuse après midi passée à leurs côtés. D’écoute, de confidences, de respect mutuel, à la fois de nos personnalités et de nos pratiques professionnelles.
Un moment fort pour moi.
Mardi
Cette fois, c’est à moi d’être de l’autre côté du bureau. Les questions : « Parlez moi de vous, comment définiriez vous votre parcours, quelles sont vos compétences ? », ce n’est pas moi qui les pose. C’est elle. J’avais oublié, l’impression que ça fait, ce que ces questions inquisitrices produisent sur moi. Je me sens petite, gauche. Et pourtant au quotidien, c’est mon job. Je me lance, sans filet. Je le connais mon parcours, je connais mes compétences et mes failles aussi. J’y vais. Elle écoute, elle prend des notes. Puis elle me fait son retour. Un retour respectueux mais sans complaisance.
Le retour qui m’ouvre les yeux.
Mercredi
Il est toujours là pour moi. Même lorsqu’il est fatigué, débordé, il est là, présent, discrètement ou ostensiblement. Des mails, des coups de téléphone, des visites inopinées dans mon bureau. Il me fait rire, il m’écoute, il m’apaise. Sa présence me fait du bien. Le savoir là, à la cloison d’à côté, c’est juste bon.
Vendredi
Une visite entreprise. En amont de ce rendez-vous, nous avons beaucoup échangé par téléphone puis par mails. Enfin, l’un et l’autre mettons un visage. Je dois organiser son recrutement collectif pour la fin d’année. Nous parlons méthode, échéance, fiche de poste, compétences requises, organisation. A la fin, il lâche. Ses préoccupations, ses difficultés au quotidien, la tâche presque trop lourde pour lui, son impuissance à tout régler. A moi. Qu’il ne connaît presque pas. Moi dont il ne sait rien.
Un aveu touchant, un secret livré.
Samedi
Déjeuner avec môman. Pour dire, se dire, s’apaiser.
Apéro avec celui qui longtemps a fait office de frère dans ma vie. Je nous regarde. Il y a toujours chez lui cette ambivalence. Le besoin, je le perçois parfois, de me protéger et celui de me rejeter violemment, de me rendre à ma famille…
Une valise pour ne pas oublier
Ma valise est encore chargée. Pas pleine, non, mais encore un peu encombrée. De ces choses qui m’échappent, sur lesquelles j’ai du mal à mettre le doigt. Mon corps, lui, me les rappelle, invariablement, après ces nuits sans sommeil.
18 octobre 2008
Si c'était possible, j'aimerais ...
Avoir du talent
Un vrai talent d’écriture qui me permettrait d’en vivre. J’aurais un univers propre, une vraie patte artistique. Je ferais des salons en province, on ferait des papiers sur moi, je serais reçue par Denisot, (ouais c’est beau le rêve !), des élèves étudieraient mes textes plein de poésie. J’aurais cette fierté intérieure de dire « j’écris ».
Monter sur une scène et lire des textes
Ceux des personnes que j’admire, que j’aime, quelques miens aussi peut être (prétentieusement). J’imagine la taille de la scène, à quelle distance serait placé le public et bien sûr le décor. Sans oublier le costume Dessiné par un couturier pour moi (ouais je sais l’obsession du couturier). Une robe noire, près du corps, simple et néanmoins classieuse. On viendrait me voir, bien sûr, et on dirait de moi, que je suis « habitée ». Définitivement le terme qui me parle le plus. Ce serait intime, chaleureux, drôle, émouvant (oui parfaitement, c’est ça le rêve !!!). Les spectateurs partiraient avec une petite flamme intérieure, un sourire aux lèvres. Un incroyable moment de partage et de communion (rien de moins !).
Voyager
Aux 4 coins du globe. Rencontrer l’autre simplement. M’enrichir des paysages, des pratiques, des cultures, des musiques, de la cuisine, de l’art. M’apprendre à me connaître à travers ça, me construire de merveilleux souvenirs. D’ Irlande, en passant par la Nouvelle Zélande, le Vietnam, la Norvège et bien d’autres encore.
Avoir ma maison écolo. (totalement autonome, siouplait)
Au fin fond d’une forêt luxuriante. Une merveilleuse baraque en bois, avec une lumière magnifique, un paysage infini et lunaire. Une faune et une flore abondante. Un jardin potager généreux et bien sûr, THE sacro barbecue pour les zamis (ben si !).
Dans la vraie vie, être une professionnelle inspirante
C’est une poignée de personnes qui m’a donné envie de faire le métier que je fais actuellement. Des personnes qui ont su trouver les mots, qui m’ont insufflée une force, une énergie qui m’ont permis d’avancer et de construire mon chemin. C’est ce type de personne que je souhaite être pour d’autres. Et parfois, je perds de vue ce beau projet…
Etre réconciliée avec moi
En harmonie, un vent de sérénité aurait soufflé sur moi et enfin j’aurais retrouver mon équilibre. Et ça ressemblerait concrètement au bonheur.
Tout ça dans le désordre bien sûr...
17 octobre 2008
Il n'y a plus d'abonnée à ce numéro
A peine ai-je mis le pied dans Maison Compagny que me voilà alpaguée par super secrétaire.
Elle a un souci. Il FAUT qu’elle l’expose. Et ça tombe sur moi…. Elle n’a, évidemment, pas besoin de moi pour la conversation. Juste de mes 2 oreilles, d’un acquiescement de temps à un autre, lorsqu’elle pose LA question « tu comprends ?».
Je ne peux décemment pas lui dire que certes je comprends, mais je m’en fous. Royalement. Parce que j’ai une tonne de boulot qui m’attend, parce que sa préoccupation me parait dérisoire, parce qu’elle aurait pu prendre le soin de me demander, de mesurer mon état de disponibilité (qui approche le 0).
Je l’accompagne depuis son arrivée en France, il y a quelques semaines de cela.
Touchée par sa situation personnelle, par la force de vie qu’elle met à trouver du travail et un logement, je lui ai dit un jour qu’elle pouvait passer en cas de soucis. Aussi, ses passages sont devenus quotidiens. Je suis le lien entre elle et la société. Une société française complexe, qui noie les personnes étrangères (mais pas que) sous des demandes de paperasses totalement injustifiées.
Dans cette jungle, elle a grand besoin d’être rassurée. Et c’est moi qu’elle a choisi. Elle dépose sur moi ses angoisses, ses questionnements : «L’assistante sociale, je peux lui faire confiance ? » (VOUI !!!!), « L’inscription dans une agence d’intérim, ça m’empêche pas de continuer à aller à l’ANPE ? », (NON !!!!), « Du travail, VOUS allez m’en trouver rapidement ? » (heu…. Sais pas).
Je prends du temps, même lorsque je suis en rendez-vous avec quelqu’un d’autre, pour la réassurer, néanmoins, ces demandes pressantes me mettent une infinie pression.
Ma mère prend des cours d’informatique.
Si.
Et je DOIS l’accompagner pour aller acheter un portable. « C’est la prof qui l’a dit. Un portable avec Windows dedans ». J’objecte : travail à la maison, peu de temps libre cette semaine, pourquoi ne pas aller voir SANS moi dans un premier temps…
Et la machine à litanie se met en route : « ingrate… toujours pareil… rien te demander… toujours là pour toi, MOI ». J’en passe.
Si c’était pas ma mère, je lui demanderai si elle se fout pas un peu de ma gueule. C’est toujours MOI qui me met en écoute active, moi qui partage les doutes, les crises existentielles et le reste. Que fait-elle quand je lui parle de moi ? « Toi à mon âge…tu verras….moi à ta place…. » Balblabli.
Cousine Bobo vient d’emménager dans un nouvel appart.
Une merveille !!!
Liste des (innombrables) qualités du nouvel objet de son admiration
Liste des travaux effectués dans la maison
Liste des achats déjà faits
Liste des achats à faire
Liste des personnes à inviter (dont moi, ouf)
A la fin quand même « Et toi Bichette ? »
Avant d’enchaîner :
Liste des endroits à voir dans le quartier
Liste des choses à faire pendant les prochaines vacances (dont venir me voir).
Y a quelqu'un dans l'assistance pour me prêter ses 2 oreilles …. ? (merde)