16 mai 2008
Une question de femme
Je passe sur ce blog* de manière régulière, je le trouve magnifique, dans les mots, les intentions, dans l’expression du sentiment, parfois proche de mes émotions, de mon ressenti. La question qui est posée là « quelle femme je souhaiterais être pour les autres » me laisse dubitative, pensive et éveille tant de réflexions à la fois.
Pourtant, cette question je voudrai y répondre. Elle correspond à ma quête du moment. Elle me poursuit un peu d’ailleurs.
La poursuite commence par l’achat de LA robe. Un achat compulsif, un achat de réparation. J’entre dans ma boutique préférée, celle qui coûte chère, celle qui fait des pièces uniques. J’y vais systématiquement lorsque mon unicité justement est mise à mal. C’est une bonne commerçante, une personne qui a une fibre. Elle ne force pas, elle ne triche pas, elle écoute, elle valorise. Elle me fait du bien.
« J’ai quelque chose pour vous me dit-elle ». Je la regarde, elle est magnifique. Ma première réflexion est de me dire que c’est une robe de « femme ». C’est drôle n’est ce pas ? Je l’essaye, elle me va. Un parfait tombé, la longueur qu’il faut mais du décolleté… Je me décide à l’acheter, sur ses conseils à elle. Elle me dit qu’elle me va bien, qu’elle me trouve belle. Ainsi donc, je pourrais être belle. Puis je rentre.
Je LA pose sur mon lit, je la contemple et je l’essaye à nouveau. Le décolleté… Trop. Trop plongeant, trop profond. Impossible à assumer. C’est décidé, je ne la mettrai pas. Puis, je parle de cette situation incongrue à Meilleure Amie. Elle me dit qu’il est temps que j’assume, que je fasse concorder « le dedans et le dehors ». Car au fond, c’est bien ce que je suis, une femme. Oui, bien sûr, je suis une femme.
Alors, il faut que je me jette : quelle femme est ce que je souhaiterais être pour les autres ? Dans un premier temps, des questions m’arrivent : n’est-il pas nécessaire de s’incarner « soi », avant d’être une femme pour les autres, d’en avoir pleinement conscience ?
Et d’ailleurs, être une femme, qu’est ce que c’est exactement ? Est ce que ce serait un physique d’abord ? Monica Bellucci, plantureuse, toute en forme, sensuelle et sexuelle ? Charlotte Gainsbourg, moins en forme, tout en susurration, une aura qui se dégage ? Est ce que ce serait l’expression de sentiment ? Une douceur, une posture, une façon de s’exprimer, une fragilité ? Est ce que ce serait un statut social ? Une mère, une femme mariée ou qui vit avec un homme (ou une femme) ?
Suffit il de naître femme pour l’être, est ce une évidence ?
Non, je ne crois pas. Depuis 3 ans environ, j’arrive enfin à habiter ce corps qui longtemps ne m’a pas ressemblé. J’ai des formes, sans pour autant ressembler à Monica, j’ai une posture aussi probablement, une voix douce qui pourrait s’approcher de celle de Charlotte.
Je suis féminine dans ma façon de m’habiller, après de longs tâtonnements, j’ai trouvé mon style, celui qui me convient et me fait du bien. Je m’emploie à ne plus grossir, à rester à ma taille idéale, à garder un corps de femme. Ou plus exactement à correspondre à MA définition d’un corps de femme.
Au delà de l’aspect physique, le terme qui me convient le mieux, qui me plait et résonne en moi, c’est le terme « incarnée ». Etre incarnée, c’est être là pleinement, en conscience, à soi, aux autres, au monde. Une habitante de l’ici et maintenant.
Etre incarnée, c’est être une amie fidèle et solide. Etre présente dans les coups durs comme dans les bons moments. Etre en mesure d’écouter, comprendre dans la mesure de mes moyens.
Etre incarnée, c’est être une bonne professionnelle. Une personne certes à l’écoute mais une personne capable de rappeler le cadre de l’institution pour que les personnes reprennent confiance en elles et trouvent un emploi dans les meilleurs délais.
Etre incarnée, c’est une bonne collègue. Une personne juste, fiable, avec laquelle on peut partager, se reposer parfois et évidemment travailler dans les meilleures conditions.
Etre incarnée, c’est être le membre d’une famille à part entière. Sans complaisance, sans faux semblant.
Etre incarnée, c’est parfois aussi (sûrement), être la compagne ou la femme de.
Un jour être incarnée, ce sera peut être aussi être une maman. Une maman qui fait se mieux pour donner à son ou ses enfants l’amour et les outils nécessaires pour s’incarner à son tour et s’épanouir dans la vie.
Je travaille à tout cela… A m’incarner, à être enfin moi.
* Ma vie sans moi (http://vanb.typepad.com)
13 mai 2008
Souris, t'es filmée
Courant mars, je suis enquêtée par une jeunette, 26 ans, un CV long comme le bras (enfin plus long que le mien je veux dire) qui a fait gestion des entreprises et « RH » et qui veut faire « insertion ». Une personne charmante, qui a envie de se frotter à un public en difficulté, qui a besoin de « se sentir utile ».
On sent dans le discours une vraie préparation en amont, une réflexion sur l’insertion et une vraie curiosité pour le poste. Très régulièrement, elle me tient informée des démarches qu’elle entreprend pour sa recherche d’emploi. Plutôt sympa et une approche à laquelle je suis sensible.
Mi avril, elle décroche un poste, dans une agence spécialisée dans le recrutement de personnes qui recherchent dans le domaine secrétariat. Ni une ni deux, je propose un RDV et bien sûr m’empresse d’en faire part à Vénérable Directrice qui est spécialisée dans le domaine dans Maison Compagny (dans le secret espoir d’intégrer ce cercle et de travailler avec elle…). Elle trouve l’idée intéressante et propose de se joindre au RDV.
Le mois de mai, c’est bien connu, n’est pas propice à mener un travail de fond, ni à prendre le temps de préparer ce type de RDV (bon c’est pas une excuse, je sais).
Le RDV, c’était aujourd’hui.
13 h 30 : Point de trace de Vénérable Directrice dans la Maison. C’est dans une demie heure et j’ai une idée assez approximative du lieu de RDV. Nous n’avons pas eu le temps de nous caler : c’est la panique.
13 h 35 : Je vois une lumière : c’est le bureau de Vénérable Directrice qui est ouvert. Une collègue s’est précipitée, elle a pris son ticket avant moi… Aïe. Je passe la tête, il faut partir. Mais nous n’avons pas noté la même heure de RDV. ARGH !!!! Vénérable Directrice est super pointilleuse avec les horaires de RDV et comme j’ai merdé une fois, faudrait pas que je réitère. Vite, on se jette sur les plannings, c’est bien 14 h. Là, c’est sûr, on va être en retard.
14 h 40 : On monte dans la voiture. La mienne… Je lui tends le plan. Elle voit très bien où c’est. Je m’en serai doutée. Y a pas 4 ans qu’elle habite ici, elle connaît tout sur le bout des doigts. Enervant. « Vous passez par la rue truc et vous pouvez vous garer rue machin ». Je n’ose pas lui dire que moi, je suis originaire de cette ville (depuis 33 ans, hum) mais le nom des rues, y a rien à faire, je retiens pas. Finalement, je lui demande de « préciser », un magasin connu à côté de cette rue, un truc dans le genre, ça m’aiderait…
14 h 50 : Je me gare à côté du lieu de RDV, pile poil. On a parlé de choses et d’autres dans la voiture. Mais je me suis beaucoup concentrée. Pour emprunter la bonne route, bien céder le passage et ne pas mûrir les feux (voui pace que c’est un peu ma spécialité), faut que je lui montre que je sais conduire ET suivre une conversation (pas facile !).
14 h 53 : J’atteins l’horodateur (en courant), les pervenches sont à 2 pas de mon carosse. Mais là, manque de bol : j'ai pas de monnaie. La honte absolue. Bien sûr, elle s’en rend compte et devant ma mine déconfite me tend les petites pièces, accompagnées du conseil « quand on va en ville, mieux vaut avoir toujours des pièces sur soi ». Une évidence hein. Mais j’ai JAMAIS de pièces sur moi. Je pique un (petit) fard. Je mets pour 45 petites minutes.
14 h 57 : Nous grimpons les 4 étages pour aller au lieu du RDV. J’ai voulu faire ma fière me la jouer sportive et la suivre. Les 4 étages ? Pfui, facile ! Je ne le montre pas mais je suis en nage et à bout de souffle (ben quoi, les émotions !!!).
Echanges, on parle des publics, du fonctionnement de Maison Compagny, de sa spécificité sur le territoire. Je le connais mon discours, habituellement il est rôdé, mais c’est plus fort que moi, quand Vénérable Directrice est avec moi, je fais un effort, je me concentre et ça me réussit peu. Ca bafouille, ça s’emmêle les pinceaux, c’est pas clair… Pas pro quoi, on dirait un sketch.
Le temps tourne, les 45 min sont passées. Angoisse, je n’arrête pas d’y penser. Si j’ai un PV, qu’est ce qu’elle va penser ? Et puis échanges des plaquettes. Que j’ai TOUJOURS en temps normal. Ma carte pro (dont je suis super fière et toujours étonnée que mon nom soit écrit dessus) et la plaquette de la Maison. mais pas là. Au secoursssssssssssss !!!!!!!!!!
Si je vous dis que dans la vraie vie (loin de Vénérable directrice), j'assure, je suis une vraie pro, vous me croyez hein ?
07 mai 2008
Do not cross
La conversation est anodine, le ton bon enfant.
Nous abordons les mêmes sujets qu’à l’accoutumée. Du très généraliste, du qui effleure, du qui parle à tout le monde. Chacun y va de sa petite phrase, on rigole, on brocarde gentiment.
Et puis tout d’un coup, le vent tourne, la conversation prend des airs qu’on n’imaginait pas. Son ton se fait dur. Ca ne le fait pas rire. La colère monte.
Il se recule sur sa chaise, sa voix se tend, il devient rouge, le regard assassin. Le flot de paroles ne tarit plus. Autour de la table, des regards gênés. On n’ose pas intervenir, on n’ose pas le contredire. On ne l’a jamais vu ainsi.
Mais moi, je ne suis pas d’accord. Je m’oppose, m’interpose.
La conversation ne se passe plus qu’entre lui et moi. Les autres sont un peu oubliés, loin.
A chaque extrémité de la table, nous y allons de nos arguments, de nos convictions. On dirait que quelque chose se joue là. Je ne saurais dire quoi.
On a touché un point sensible. Et puis finalement, il se lève, devient mutique, s’efface.
Il faut reprendre le court des choses, oublier un peu la griffure, se remettre au travail. On nous attend…
Et puis cette émotion, il faut bien en faire quelque chose. Ne pas la laisser dans cet état, ne pas lui donner l’occasion de me poursuivre.
Je la lui dépose… et il trouve le temps d’y répondre.
Comme une excuse à quelque chose qui a jaillit, qui donne à voir sur lui, malgré lui.
Des mots clés
| Accès | Moteur | Requête (mots clés) | ||
|---|---|---|---|---|
| 2 | cloudyvonici | |||
| 2 | MSN | présenté une photo sur une table pour... | ||
| 2 | amour collegue de travail timidite | |||
| 1 | cloudy | |||
| 1 | mais je vous en parlerai blog | |||
| 1 | cloudy nuages | |||
| 1 | mes tics alimentaires | |||
| 1 | deli monop^ | |||
| 1 | femmes en jupes légères dans les... |
Un peu moi tout ça au fond :))
04 mai 2008
Comme une cappadoce
Comment est il possible de passer si facilement d’un état à un autre ?
Pour ce qui me concerne, un état cloudynien où se mêlent joyeusement, la déprime, le doute, la mélancolie. Un état de petite déprime donc, qui il y a quelques semaines de cela me donnait envie de tout plaquer. Définitivement. Je ne l’aurais pas fait bien sûr, je n’ai pas cette force, pas ce courage. Mais ce sentiment de fatigue généralisée devenait intolérable, douloureux. A tout cela succède un état plus léger, fait d’envies, de besoins divers. Ce que je nommerai un état de mai. C’est un peu le soleil qui chasse la neige…
Les vacances peut être.
Et avec elles un certain recul, du repos, l’oubli du travail. Des soirées entre amis, entre collègues, où l’on apprend à mieux se connaître. Des rendez vous pris, des perspectives de concerts, de spectacles, la planification des vacances.
Le soleil de mai.
Qui donne des envies de vernis sur les orteils (ouais, je suis ce genre de filles, avec du vernis sur les petons, tout à fait !), de jupes légères et de décolletés.
Le retour au travail. Et la certitude de faire quelque chose de bien. Pas toujours avec les bons mots, pas toujours au bon rythme mais avec sincérité.
L’accueil des collègues.
Totalement inattendu. Un cadeau sur le bureau, accompagné d’un petit mot. Des sourires et la remarque qui fait quelque chose dans le cœur même si je ne le montre pas « enfin, tu es là ».
Revoir Il.
Après cette drôle de soirée où j’ai eu l’impression que quelque chose se nouait, un peu. Tout redevient comme avant, une certaine g^ne, de la distance. Mais Il me laisse son téléphone. Il « n’est pas sûr de tous les numéros, ne le donne pas assez souvent, n’est même pas sûr que ce ne soit pas celui de son meilleur ami ». Et puis il précise que c’est pour le travail. Pour le projet que nous menons... Evidemment (quelle idée !).
Des challenges.
Remettre un maillot de bain. Voui, cela fait presque 10 ans que je m’interdis de mettre le doigt de pied dans une piscine, alors que j’adore ça… Me dire que c’est possible, je peux le faire : refaire mes meubles, mettre enfin les mains dans la glaise et produire, me laisser aller à extérioriser ce qui est bloqué si loin et si profondément, oser écrire des lettres et les envoyer.
M’autoriser à vivre, peut être.
27 avril 2008
Pratique de communication et exercice de réflexion
Le processus de la CNV (Communication Non violente) se découpe en 4 axes :
O – L’observation
S – Les sentiments
B – Les besoins
D – La demande ou action
Exemple :
Lorsque je vois (O) que des participants à nos réunions arrivent sans voir pris connaissance de l’ordre du jour, ni des documents de travail.
Je me sens frustrée et en colère (S)
Parce que je souhaite appartenir à un groupe de travail dans lequel chacun soutient les autres par ses efforts (B)
Seriez vous d’accord pour que la prochaine fois, chacun ait fait ce travail préliminaire ? (D)
C’est beau la théorie hein ? Maintenant je vous donne un exemple dans la vraie vie :
- Contexte : une de mes collègues propose que l’on se fasse « une ballade un de ces jours ». Pendant mes vacances, donc, je lui propose de venir, accompagnée d'une autre collègue puisqu'elle ne conduit pas. Elles doivent s’arranger pour venir ensemble, néanmoins, elle ne donne pas de réponse quant à sa venue.
- Remarques :
J’aurais pu l’appeler pour connaître concrètement sa réponse, ce qui m’aurait évité de mariner bêtement, comme une gourde. Mais je me dis que quand même quand tu invites une personne le minimum c’est qu’elle t’avertisse si elle vient ou non, d'autant qu'elle n'avertit pas l'autre collègue non plus.
Je marine donc me demandant le pourquoi du comment et surtout s’il y a un parce que qui peut tenir la route. Et finalement, décide que je ne vais pas laisser passer et que je vais communiquer non violemment.
- Ca donnerait à peu près ceci :
Quand je te propose de venir manger et que tu ne me donnes pas de réponse, je me sens un peu triste, parce que j’ai besoin de m’organiser et surtout de communiquer vraiment. Est ce que tu serais d’accord pour m’avertir la prochaine fois ? (le non violent, c'est bien connu, c'est rose !).
- C’est mieux que :
Je me suis fait chier à aller faire les courses alors que c’est un moment que j’apprécie moyennement, je me suis creusée la tête pour concocter un repas sympa qui vous fasse plaisir, alors que j’aime que TRES moyennement cuisiner. Tout ça pour pas avoir de nouvelles. Tu te fous de ma gueule ou quoi ?
Voui hein, c’est mieux. Z'avez d'autres propositions ?
25 avril 2008
Un texte que j'ai envie de partager avec vous, tant je le trouve beau et inspirant !
" Nous sommes tous unis.
Le sort de l’humanité entière dépend des relations de chacun avec les autres. Jamais nous n’avons à ce point dépendu les uns des autres.
Mais nous ne le comprenons pas. L’homme échoue à devenir un être doué de compassion, il est incapable d’entraide.
Si nous persistons dans cette attitude qui exige que nous considérions notre voisin comme notre premier ennemi, si nous continuer à éveiller la vengeance et la haine, à polluer notre monde et nos pensées, cela veut dire que nous n’avons rien appris des grands maîtres, ni de Jésus, de Moïse, ni du Bouddha.
Et si nous ne corrigeons pas ces réflexes pavloviens, nous serons impuissants à affronter cette époque où l’humanité s’acharne encore et toujours à exploiter, à vaincre, à exercer une tyrannie. A amasser le plus possible, sans se soucier de ce qui suivra. Et à vivre aux dépens de ceux qui n’ont ni recours, ni ressources…
Il faut partager avec ceux qui ne nous ressemblent pas, car leur différence nous enrichit.
Il faut respecter ce qui est unique chez les autres."
Yehudi Menuhin
19 avril 2008
Au dessus des nuages, du soleil
Aujourd’hui les vacances et derrière moi, une semaine de…
Travail partenarial.
Qu’il est bon parfois de sortir de sa structure et d’aller voir ailleurs comment ça se passe. Des bouffées d’oxygène pour moi cette semaine. De s’enrichir d’autres regards, d’autres approches et de s’en inspirer un peu. Evidemment, le social (mais n’y a-t-il vraiment que ce secteur ?) est bourré de réunions stériles. Des échanges sans ordre du jour qui partent dans tous les sens et qui te font t’interroger sur le pourquoi de ce temps perdu. Je ne parlerai pas bien sûr des personnes qui arrivent systématiquement en retard, qui ne s’excusent que du bout des lèvres. Bref les affres de la réunionite…
De rendez vous.
Ces derniers temps j’ai beaucoup écouté, bien plus que je n’ai accompagné sur l’emploi. Mon public change lui aussi. Des personnes malades, dépressives, des personnes handicapées. Mon travail nécessite que je me mette à l’entière disposition de l’autre. Mais accompagner ces personnes me met une pression supplémentaire. J’ai l’impression de n’avoir pas le droit à l’erreur, qu’un mot, une interprétation pourraient faire basculer mon accompagnement et que plus que pour d’autres encore je dois recueillir leurs peurs, colères, questionnements et atermoiements. Je ne sais pas si c’est justifié mais ça n’est pas toujours facile. Et puis les temps changent et les attentes en matière d’emploi deviennent plus fortes. Les pressions qui émanent de l’agence pour l’emploi ont un retentissement direct sur nos publics, qui ont peu de mobilité, peu de qualifications et qui craignent d’être radiés au bout de la deuxième offre refusée…
D’échanges.
Avec Il. Mener une action d’envergure avec lui, nous a permis de travailler plus en lien et donc de plus échanger. Mais toujours sur un terrain très professionnel. Des petits écarts ont été tenté d’un côté comme de l’autre mais timidement. Avec d’autres collègues, c’est avec eux que je passe le plus clair de mon temps et j’ai l’impression pourtant de survoler des relations, de ne pas les connaître vraiment. Je nourris de quelques regrets à propos de cela. Avec des amis perdus de vus depuis quelques temps. Comme la vie est drôle quelquefois. On se voit très régulièrement et puis on s’oublie un peu pour renouer à nouveau...
D’envies.
D’ailleurs, d’émotions vraies, de partage, de cocooning d’être coconnée. D’être loin du bruit, des gens, délestée des contingences de la vie quotidienne, de me retrouver un peu. D’émotions. Tardivement, je vais voir le film de Sean Penn qui retrace la vie de Chris McCandless. Est ce que c’est parce que cette histoire est tirée d’une histoire vraie qu’elle est si touchante et si belle ? Est ce que c’est à cause du regard, de la sensibilité de son cinéaste, du jeu de son (ses) acteur(s) ? Impossible à dire mais la vague d’émotion m’a enveloppée toute entière et ce film me poursuit, à moins que je le porte en moi. Que de questionnements, de tentatives pour saisir la vie, pour atteindre une certaine vérité, s’éloigner d’une famille et de valeurs sclérosées. Bref, un film purement merveilleux.
Je signe ici mon 200ème post ... A moi maintenant cette semaine de vacances, attendue et un peu méritée :)) et un blog en suspens pour quelques temps.
16 avril 2008
Liebsam
Il y a quelques années, j’ai participé à un atelier d’écriture. Nous devions partir d’une photo, pour écrire un texte dans lequel contenait des mots lancés par les participants. Cette photo, celle d’une mamie, toute ronde, fripée, me faisait penser à toi. Une mamie gâteau, une mamie bisous dans le cou.
Je voulais écrire sur toi mais pas avec ces mots là. Finalement j’ai produit un texte « hors jeu », mais il y avait là tout mon amour pour toi, tout ce que tu représentes pour moi, tout ce que je ne sais pas te dire. Je suis partie à la recherche de ce texte, ces mots et de ces sentiments déposés quelque part et qui me parlent de toi mais je ne l’ai pas retrouvé…
Il y aurait tant à écrire de notre histoire. Des livres entiers me semble-t-il. L’histoire d’une femme qui élève l’enfant d’une autre, comme la sienne, probablement même plus que la sienne. Une femme qui s’oublie, qui s’efface pour que l’enfant pousse correctement, sans trop de heurts, sans trop de souffrances. Avec au loin une famille présente et absente pourtant. Des parents investis avec des valeurs qui sont les leurs mais qui ne collent pas trop avec cette famille « adoptante ». Alors, il faut composer.
J’ai l’impression parfois que personne mieux que toi ne connaît les arcanes de ma petite personne. Mes troubles, mes emportements, mes joies, mes peurs. D’un coup d’œil tu me saisis. Tu me dis parfois, au moment où nous prenons notre café ensemble « Je te trouve triste. Ton travail, ça va ? Tu es bien joyeuse aujourd’hui ». Tu sais bien que je ne répondrai pas mais je l’entends.
Tu es pour moi LA figure de mon enfance. Et mon enfance a probablement été la plus belle période de ma vie. Tu es pour moi, les repas gargantuesques, les fêtes d’anniversaire, les vacances à la mer, les chagrins consolés au creux des bras, les histoires allemandes racontées au bord du lit, les jeux dans le jardin, les travaux manuels sur les coins de table, les fous rire, les emportements, les mots doux chuchotés en allemand, les grandes tablées avec les amis et la famille, les bains chauds devant la cheminée, les enveloppes avec des « je t’aime » dessus, les secrets livrés autour de NOTRE café, les coups de téléphone furtifs pour me demander si je vais bien et si je mange bien, les conseils pour ne pas me « marier, mais vivre, profiter ».
Il y a entre nous bien plus qu’ils ne peuvent imaginer. Une histoire d’amour, assurément. Il y a ce jour où je te l’ai présenté. Plus tard, tu m’as dit qu’il ne pouvait pas être pour moi, il n’était pas comme moi. Comme tu avais raison.
J’ai partagé tes angoisses, de voir ton fils partir en montagne, la peur qu’il ne se blesse. Plus tard, son mariage puis l’arrivée des enfants. Celles de voir ton mari partir à l’étranger, de penser qu’il avait une autre vie ailleurs, pour son travail. J’ai vu ton corps te lâcher parfois, souvent. Et puis ce 31 décembre. Le médecin nous a dit une fois que tout était terminé « Encore 30 min et vous la perdiez ».
J‘ai écouté tes colères et tes éclats de voix mais surtout tes silences assourdissants. Et puis les rires et puis la joie. Comment faire une liste exhaustive de tous ces instants de nos 33 années de vie « commune ». Comment te dire, que si tu n’es pas ma mère tu fais néanmoins infiniment partie de moi, tu as contribué à construire ce que je suis, ancrer des valeurs, des croyances. Construire mon histoire.
Une des personnes les plus importantes de ma vie.
15 avril 2008
Qui est-ce qui
M’appelle Bichette en privé comme en public et qui se fout de ce que ça peut provoquer
Porte un intérêt au moins aussi grandissime à ses cheveux que moi
Qui sait que mon premier grand amour s’appelle Fabien
A des indulgences pour mes petits et mes grands défauts, accepte mes silences et valorise toujours mes qualités
Sait que j’ai eu la varicelle à 19 ans et le garde pour elle, comme une ensemble d’autres choses peu reluisantes que je ne révélerai sous aucun prétexte ici !
Qui n’a aucun intérêt pour la politique, a besoin d’explication de texte sur l’actualité et prend des notes quand je lui dis que ça n’est plus possible (de payer autant d’impôts, de voir le code du travail piétiné, l’école déconsidérée et la santé oubliée), pour pouvoir faire bon effet en société
Qui n’a pas peur de commander du champagne dans un bar, juste là comme ça parce qu’on en a bien besoin et adore jouer aux riches avec moi
Qui est aussi fluette que je suis (heu….) bien « en chaire », connaît sur le bout des doigts le nombre de régimes que j’ai commis, et ne manque jamais de me dire que je suis belle (surtout quand je me trouve très moche)
Connaît mieux que personne mes goûts en matière de musique, littérature, couture et bijoux (rien que de l’essentiel quoi !)
Qui est la seule à rire en premier (voire à rire toute seule) lorsque je lance une plaisanterie
Qui est aussi idéaliste que je suis terre à terre
A des indulgences pour mes errements vestimentaires
Sait que le sportswear ne me va pas du tout et qui a la délicatesse au moment de passer à la caisse de me dire « tu es vraiment sûre ? »
Qui a vécu beaucoup de premières fois avec moi certaines très belles et d’autres moins drôles
C'est ? C'est ?.....
Ben voui !!! C’est Meilleure Amie… On se connaît depuis notre entrée dans le Grand Monde, c’est à dire la maternelle. Elle affublée d’une robe mauve et blanche à fleur. Moi avec une robe jaune et noire à fleur. On n’a pas gardé les photos mais un tel départ dans la vie, ça vous scelle une belle et longue amitié :))
Et vous Meilleure Amie ou Meilleur Ami, que représente-t-il pour vous ?